‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 300 sur 725 · Si attachée à lui. \ lU. Caractère · texte numérisé non relu

Si attachée à lui. \ lU. Caractère

(i. Aussi.

se ressentent de ces gentillesses, gracieuses façons et familiaritez françaises.

{Mémoires de Brantôme, les Dames : seconde partie ; dise. VI ; édition de Leydc, lOGG; t. II, p. 289-296.)

THÉODORE AGRIPPA D'AUBIGNE

Théodore Agrippa d'Aubigné naquit le 8 février 1550, de Jean d'Aubigiié, gentilhomme protestant de la Saintonge, et de Catherine de Lestang qui mourut en lui donnant le jour. Il lisait à six ans «aux quatre langues» (le français, le latin, le grec et l'hébreu) et traduisait à sept ans et demi le Criton de Platon. A huit ans et demi, il jure à Amboise de venger la mort de LaRenaudie et de ses complices; à neuf ans il est condamné au bûcher parce qu'il refuse de renoncer à sa religion: « l'horreur de la messe lui était celle du feu ». Sauvé par un gentilhomme, il se réfugie à Orléans, se distingue au siège de cette ville ; s'en va, après la mort de son père, étudier à Genève sous Th. de lîèze qu'il quitte ensuite pour combattre avec Condé. Grâce îv un duel qui l'avait forcé de sortir de Paris trois jours auparavant, il échappe au massacre de la Saint- Barthélémy. Il s'attache ensuite à Henri de Navarre retenu prisonnier au Louvre, devient poète de cour, fait avec les princes des mascarades, ballades, carrousels, écrit des sonnets, compose une tragédie de Circé jouéo plus tard aux noces du duc de Joyeuse, et entre dans l'Académie fondée par Charles IX. En lô7ô il s'enfuit du Louvre avec Henri de Navarre qui gagne son gouvernement de Guyenne. Alors commencent le rôle actif du prince et celui de son fidèle serviteur. Il est impossible de suivre ce dernier dans sa vie de faits d'armes, d'aventures, de duels ; il expose vingt fois sa vie pour Henri et paie sa rude franchise et son intempérance de langue par doux disgrâces, tour à tour brouillé et raccommodé avec son maître qui ne pouvait s'empêcher de l'estimer et de l'aimer. D'Aubigné d'ailleurs était indispensable îi Henri qu'il aidait de ses conseils ou de son bras et qu'il accompagna à Centras (1585), à Arques (15S'J), aux deux sièges de Paris et à celui de Rouen. Devenu gouverneur de Maillezais qu'il avait pris aux catholiques (158s), puis vice-amiral des côtes du Poitou et de la Saintonge , il voit avec douleur l'abjuration de Henri IV ; et continue, après la promulgation de l'Édit de Nantes, à porter hardiment le drapeau du protestantisme, tenant tête dans des conférences tliéologiques au cardinal Du Perron, le célèbre controversiste. Durant les dernières années de Henri IV, il se retire dans son gouvernement de Saintonge où il occupe ses loisirs à la composition de son Histoire universelle. C'est là que vint le trouver

D'AUBIGNÉ

la nouvelle du crime de Ravaillac. Après s'Être opposé à la régence de Marie de Médicis, dépossédé de ses charges, il alla s'enfermer dans sa place de Maillezais, fortifia l'île de Doignon ' qu'il avait précédemment acquise, et se mèia, un peu malgré lui, au mouvement protestant qui amena le traité de Louduu (IGIG). i.a régente, qui voulait s'assurer des places de guerre de l'Ouest, fit aciietcr par le duc de Rolian les forteresses de d'Aubigné qui se retira ;\ Saint-Jean d'Angely où il fit paraître son Hisloiie. Déféré au parlement, le livre fut brûlé par la main du bourreau (161*0) ; d'Aubigné s'enfuit h Genève, et pondant qu'à Paris ses ennemis le faisaient condamner k mort - par contumace (1623), il épousa en secondes noces 3 Renée Burlamachi, veuve d'un réfugié de Lucques. Il passa à Genève, au milieu de la considération générale, les dernières années de sa vigoureuse vieillesse*. Il mourut en IG30.

Ses œuvres, qui sont nombreuses, ont été publiées plusieurs fois, mais par fragments et d'une manière peu correcte. MM. Réaume et La Caussade en donnent en ce moment une édition complète, qui sera définitive, lieu a paru jusqu'ici trois volumes (Lemerre, 1872-1875).

Nous apprécions l'œuvre de d'Aubigné dans notre Tableau de la Littérature française au xvi^ siècle (section I, chap. m et iv ; section II, cbap. II).

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