‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 307 sur 725 · Entretien de Coligny et de sa femme · texte numérisé non relu

Entretien de Coligny et de sa femme

Le prince de Condé, voyant Paris saisi par ses ennemis * et n'ayant pas de forces que trois cens gentil-hommes et autant de soldats, quelques escholiers et bourgeois sans expérience, qui n'estoit pas pour résister aux moines seulement^; d'ailleurs voyant déclarer contre lui le Parlement, la Maison-de-Ville, l'Université (lesquels avec le clergé constituent la ville) il se fallait résoudre à quitter Paris. D'autre costé s'estoienl assemblez à Chastillon sur Loin'', près l'amiral*, le cardinal et Dandelot ses frères ^, Senlit;, Houcard, Bricquemaut et autres, pour le presser de montera cheval. Ce vieil capitaine trou voit le passage de ce Rubicon *" si dangereux qu'ayant par " deux jours contesté contre cette compagnie, et par doctes et spécieuses raisons, rembarré leur violence, et les avoit estonnez '* de ses craintes, et n'y avoit comme '* plus d'espérance de l'esmouvoir '*, quant il arriva ce que je veux donner à la postérité, non comme un intermeze'^ de fables, bien séantes aux poètes seullement, mais comme une histoire que j'ai apprise de ceux qui estoyent delà partie ^^.

Ce notable seigneur, deux heures après avoir donné le bonsoir à sa femme, fut resveillé par les chauds souspirs et sanglots

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