Dans le
CONTEURS
RABELAIS
supporter cesle truandaillo ' de monde, qui rien ne preste. Par ma foy, je les hays bien.
« Et si, au patron ^ de ce fascheux et chagrin monde rien ne prestant, vous figurez l'autre petit monde, qui est l'iiomme, vous y trouverez un terrible tintamarre :
« La teste ne vouldra prester la vcue de ses oeilz pour guider lespiedz et les mains;
« Lespiedz ne la daigneront porter;
« Les mains cesseront travailler pour elle;
« Le coeur se faschera de tant se mouvoir pour les pouls des membres et ne leurs prestera plus;
« Le pouJmon ne lui fera prest de ses souffletz;
« Le foye ne luy envoyra sang pour son entrelien;
« La vessie ne vouldra estre débitrice aux roignons;
« L'urine sera supprimée;
« Le cerveau, considérant ce train desnaturé, se mettra en resverie^ et ne baillera sentement * es Nerfs, ne mouvement es Muscles.
« Somme, en ce Monde desrayé ^ rien ne debvant, rien ne prestant,ricn ne empruntant, vous voirez une conspiration plus pernicieuse que n'a figuré .^Esope en son apologue ^, et périra sans double; non périra seullcment, mais bien tost périra'', feust-ce .Esculapius mesmes, et ira soubdain le corps en putréfaction; l'ame toute indignée prendra course à tous les diables après mon argent*. »
CONTINUATION DU DISCOURS DE PANUEGK, A LA LOUANGE DES PRF.STEURS ET DEBTEURS.
« Au contraire, représentez-vous un monde autre, on quel' un chascun preste, un chascun doibve, tous soient debteurs, tous soient presteurs.
« 0 quelle harmonie sera parmy les réguliers mouvemens des Cieulx ! Il m'est advis que je l'entends aussi bien que feit oncques Platon '°. Quelle sympathie entre les Llemens ! 0 com-