Poii-fon, Histoire de Henri IV, t. IV, p. 329 (3° édit
2. On a généralement blâmé de Thou d'avou- défiguré les noms propres en les traduisant en latin, ce qui rend- le texte souvent obscur ; pour prendre un exemple,
Entragues devient Interamnes, Chartier devient Quadriçicrius.
3. Les hommes illustres qui ont paru en France pendant le dix-septième siècle 1696, in-folio (t. 1, p. 41).
LA LITTÉRATURE FRANÇAISE AU XVl" SIÈCLE.
De Thou porta dans cette histoire le caractère austère et impartial qu'il avait montré dans sa vie. «Ce que doit faire un, juge intègre, dit-il, quand il va prononcer sur la vie ou sur la fortune des citoyen?, je l'ai fait avant de mettre la main à cette histoire. J'ai interrogé ma conscience et je me suis demandé à plusieurs reprises si je n'étais point ému de quelque ressentiment trop vif qui pût m'emporter hors des voies de la justice et de la vérité *. » Jacques I*"", roi d'Angleterre, essaya vainement d'obtenir de lui par l'entremise de Cambden et Casaubon qu'il effaçât un passage défavorable à Marie Stuart, sa mère.
De Thou appartenait au p^arti des 'politiques qui triompha avec Henri III. Sa modération même le rendit suspect. Son histoire fut mise à l'index par le Saint-Siège ^, et elle fut violemment attaquée par des pamphlétaires de la ligue, Jean Machault et Gaspar Scioppius. Mais l'estime et l'admiration que méritait une telle œuvre furent plus fortes que la violence des partis. Il en recueillit les témoignages de son vivant ; après sa mort, sa réputation et son influence ne firent que s'accroître non-seulement en France, mais par toute l'Iîurope, et la grande édition qui parut en Angleterre au dix-huitième siècle fut un véritable hommage rendu à sa mémoire ^.
Il nous reste à parler des tentatives qui ont été faites au seizième siècle pour écrire non plus l'histoire contemporaine, mais l'histoire générale de la France '".
Le trait dominant de ces essais est, dans la première partie du seizième siècle, la sèche imitation des vieilles chroniques ; dans la seconde, la maladroite imitation de l'antiquité.
Comme les auteurs des vieilles chroniques de Saint-Denis, Nicole Giles, le dernier des historiens du quinzième siècle, s'était borné dans ses Annales et chroniques de France à observer