‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 35 sur 725 · HISTORIENS · texte numérisé non relu

HISTORIENS

rautonr mourut en 1627, son histoire devait être continuée jusqu'à la fin du règne de Henri IV; dans la pensée de l'auteur, elle devait comprendre la période gui s'étend depuis la ligue deSmalkalde (1546), jusqu'à la trêve conclue entre l'Espagne et la Hollande en 1609; embrassant ainsi les luttes soutenues par les réformés chez les différents peuples de l'Europe pour conquérir la liberté de leur culte, et les guerres entreprises par la France, l'Angleterre et la Hollande, etc., pour déjouer les projets de monarchie universelle de la maison d'Autriche. « Telle était dans la pensée de de Thou Tunité de son livre où se déroulait la première partie du drame terrible dont la guerre de trente Ans devait être la seconde ^ »

Bien que de Thou ait pris Tite-Live pour modèle, bien qu'il donne souvent aux personnes et aux choses le costume de l'antiquité ^, il sait conserver aux événements de son temps leur véritable caractère ; il les apprécie avec justesse, en démêle les causes, en saisit l'enchaînement et les conséquences ; mais l'exposition est un peu confuse ; comme il ne veut négliger aucun détail de ce vaste ensemble qui embrasse toutes les nations de l'Europe et même le Nouveau-Monde, il se perd quelquefois dans la multiplicité des faits, sans toutefois mériter le reproche qu'on lui a adressé d'avoir fait une collection d'histoires particulières plutôt qu'une véritable histoire universelle. Le style a de l'ampleur et de la gravité; mais il est difficile de marquer la part qui appartient à l'auteur et celle qui revient aux modèles latins dont il emprunte la langue.

Il a composé, dit Perrault, « le plus grand corps d'histoire que nous ayons, contenant dans 138 livres tout ce qui s'est passé non-seulement dans toute la France, mais dans toute l'Europe, depuis l'année 1043 jusqu'en l'année 1608, avec une exactitude et une fidélité qui n'a guère d'exemples. Il n'a jamais déguisé ni supprimé la vérité : noble et généreuse hardiesse dont il a esté loué de tous les grands hommes de son temps... Cet ouvrage est digue des anciens, et peut-estre surpasseroit-il une grande partie de ce que les anciens Romains nous ont laissé en fait d'histoire, s'il n'avoit pas trop affecté de leur ressembler ^. »

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