‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 363 sur 725 · reusant. I 10. Changer · texte numérisé non relu

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passé, respondit Geburon, dont ' la tristesse et la joye est quasi poinct sentye ; au moins n'en monstroyent il[z] nul semblant, tant ilz estimoient grand vertu se vaincre eulx-mesmes et leur passion. — Et je trouve aussi bon, comme ils font *, [dit Saffredenf,] de vaincre une passion vicieuse ; mais d'une ^ passion naturelle qui ne tend à nul mal, ceste victoire me semble inutile. — Si * est-ce, dit Geburon, que les anciens estimoient ceste vertu grande. — Il n'est pas dict aussi, respondit Saffredent, qu'ilz fussent tous saiges; mais y en avoyt plus d'apparence de sens et de vertu, qu'il n'y avoyt d'etfect ^. — Toutesfois, vous verrez qu'ilz reprennent toutes choses mauvaises, dist Geburon, et raesme Diogenes marche sur le lict de Platon, qui estoit trop curieux ®, à son grey, pour monstrer qu'il desprisoyt et vouloyt mectre soubs le pied la vaine gloire et convoytise de Platon, en disant : « Je conculque et desprise l'orgueil de Platon. » — Mais vous ne dictes pas tout, dist Saffredent; car Platon luy respondit que c'estoyt par ung aultre orgueil. — A dli*e la vérité', dit Parlamente, il est impossible que la victoire de nous mesmes se face par nous mesmes, sans ung merveilleux orgueil, qui est le vice que chacun doibt le plus craindre ; car il s'engendre de la mort et ruyne de toutes les auKres vertuz''. {[d.,iljid., Nouv. xxxiv, t. II, p. 291).

i. Par lesquels.

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