Par le relnir'du roi
11. Elle aiir.iit bientôt fait le sacrifioe de sa vie, sacrifice où elle trouverait encore ?o;i avanta?e.
Thomas du dénier (anagramme de Incrédule) à son amy Pierre Tnjocan (c'est-à-dire Croyant). Ce pamphlet contenait, sous le voile d'allusions plus ou moins claires, de violentes attaques contre la religion. Catholiques et protestants se sentirent également atteints et, d'accord cette fois, dénoncèrent l'auteur. L'ouvrage fut immédiatement saisi et anéanti par arrêt du Parlement (19 mai 1538) pour les « grands abus et hérésies » qu'on y découvrit et bien qu'il ne contînt pas d'erreurs expresses en matière de foi, mais parce qu'il était pernicieux. Accusé d'athéisme, abandonné par la reine de Navarre, réduit à la plus profonde misère, des Périers finit par se donner la mort vers 1544.
Vers l'époque où il composait son Cymbalum, il avait, ce semble, achevé ses Nouvelles récréatioris et joyeux devis, recueil de contes qui parut en 1558, et qu'on a attribué parfois, et sans raison, à Pelletier du Mans ou àDenizot, Les éditions postérieures en contiennent toutefois un certain nombre qui ne sont certainement pas de des Periers.
Les oeuvres complètes de cet écrivain, un des meilleurs prosateurs du xvi*^ siècle, ont paru dans la Bibliothèque elzévirienne (édit. Lacour, 2 vol. in-18; 1866). M. F. Franck a publié en 1874 une édition du Cymbalum accompagnée d'un commentaire où toutes les obscurités sont ingénieusement expliquées.
Voir notre Tableau de la Littérature au xvi^ siècle (sect. I, ch. i et vi).
1. Comparaison des alquemistes i à la bonne femme qui portoit une potée de lait au marché.
Chacun sçait que le commun langaige des alquemistes, c'est qu'ilz se promettent un monde de richesses et qu'ilz sçavent des secrets de nature que tous les hommes ensemble ne sçavent pas ; mais à la fin tout leur cas s'en va en fumée, tellement que leur alquomio ^ se pourroit plus proprement dire : Art qui mine ou Art qui n'est mie; et ne les sçauroit-on mieux comparer qu'à une bonne femme qui portoit une potée de lait au marché, faisant son compte ainsi : qu'elle la vendroit deux liards ; de ces deux liards elle en ^ achepleroit une douzaine d'œufs, lesquelz elle mettroit couver, et en auroit une douzaine de poussins; ces poussins deviendroient grands, et les feroit chaponner; ces chapons vaudroyent cinq solz la pièce : ce seroit un escu et plus, dont elle achepteroit deux cochons, masle et femelle, qui deviendroyent grands et en feroient une douzaine d'aulres, qu'elle vendroit vingt solz la pièce, après les avoir nourris quelque temps : ce scroyent douze francs, dont