‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 377 sur 725 · Mots · texte numérisé non relu

Mots

■'i. En quelque manière.

5. Qui ont le même sens en français qu'en grec. — H. Estienne a le tort de croire que cette faculté de créer des mots composés (plus développée en français qu'on ne le croit généralement) est d'iui

Pour exemple, ce que les Grecs disent 7vpo5po[i.ci;, nous l'appelons avantcoweur, usans d'une composition du tout semblable. Pareillement ce qu'ils disent )ta)toiAKÎx.av&;, nous l'exprimons par ce vocable composé songemaîice.... Si nos ancestres ont pris ceste liberté et hardiesse d'imiter certaines compositions de la langue greqiiejusques à rendre mot pour mots... aurions-nous pas trop peu de courage si nous demeurions en si beau chemin? Pour venir aux exemples, je di, à propos du mot ancestres,... que comme ainsi soit qu'en bisayeul nous imitons la composition greque Sinc/.~noç, non pas la latine proauKS, nous serions trop peu hardis si, comme nos prédécesseurs ont faict bisayeul de JînTtaTvoî, nous

n'osions faire trisayeul de TptTraTTTCOî '

Je di bien d'avantage : c'est que nos ancestres nous ont monstre le chemin d'autres imitations plus hardies sans comparaison: comme quand pour nous représenter ce beau mot d'Homère, xaXxûxîTcoveç, ils ont dict (en despit de la couardise des Latins) fervestus -. Et pourquoy ne diroit-on fervestu aussi bien qu'on dit courtvestu? Il est vray qu'on prononce plustost courvestu, sans t. Ainsi pourquoy ne dira-on portcciel (en parlant d'Atlas) ? Pourquoy, en parlant d'Hercule ou d'Ulysse, ne dira-on portepene ou portelaheur, au lieu du grec woXûrXaç ? 11 feroit beau voir que nous eussions fait un composé pour un crocheteur, en l'appelant por^e/ttio; ; pareillement pour un paresseux, en l'appelant fainéant; et que nous vousissions ^ demeurer courts, quand il seroit question d'honorer la mémoire des gens de bien de quelque bel epithete* et principalement de ceux qui ont eu un naturel directement contraire à celuy des paresseux. Il faut aussi considérer qu'entre les mots usitez, composez du verbe porter, nous n'avons pas seulement portefaix (au lieu de ce que les Grecs usent de deux mots, ayans une mesme façon de composition et semblable à la nostre, à»Oocpdpo? et çopTcçopo?), mais aussi portepanier est fort en usage en ceste ville de Paris. Quant à portenseigne, aussi on sçait qu'il estoit en usage desjà du temps de nos ancestres ; comme aussi portespee, quand on disoit que le con-

côté une imilation de la composition grecque et de l'autre qu'elle est inconnue à l'italien. Le français, comme l'italien et l'espaenol (cf. plus bas, p. 141), ont des procédés de formation de mots communs.

qu'ils ne doi\ent pas au grec, mais qui sont nés avec ces langues,

1. Le mot trisaïeul a été depui.s créé. 2. Mot fréquent dans notre vieille poésie, qui employait également ferarmer

(armer de fer), feiiier (lier de chaînes de fer) ; Cf. Darmestetcr, ï. c, p. 141.

3. Archaïsme pour voulussions. La vieille langue avait le parfait je volsis^ d'où l'imparfait du subjonctif que je volsisse, qui; je vousisse.

4. Substantif alors masculin. Cf. notre Tableau de la langue au xvi« siècle, sect. II, 1.

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