Que vous estimiez
9. Les malheurs et la mort de Marie Stuart ont inspiré un grand nomhre d'auteurs au xvi= siècle. Ronsard lui avait adressé plusieurs poëraes (édit. Blanche-
main, t. V, p. 304; t. VI, p. 9, 19, 14, 19, etc.). Brantôme lui a consacré uu discours entier {Dames illustres, édit. de la société de l'Histoire de France, l. VII, p. 403-453). Voyez plus loin le fragment de la tragédie de Montchrestien. Gilles Durand, dans un discours en vers, exhorte les Français à venger sa mort. Enfin la Bibliothèque de Lelong (11 , p. Goi) renferme l'indication de plusieurs Oraisons funèbres prononcées en son honneur.
10. Voir pour tous les auteurs ici nommés, notre Tableau de la littérature (section II, ch. 1 et 11).
136 MORCEAUX CHOISIS DES AUTEURS DU XVl" SIÈCLE.
ou si vous le voulez autrement, ce furent les avant-coureurs des autres Poètes. Apres se mirent sur les rangs Pierre de Ronsard, Vandomois, et Joachim du Bellay, Angevin, tous deux gentilshommes extraits^ de tres-nobles races. Ces deux rencontrèrent heureusement^, mais principalement Ronsard, de manière que sous leurs enseignes plusieurs se firent enroUer. Vous eussiez dit que ce temps-là estoit du tout^ consacré aux Muses : uns * Pontus de Tiart,EstienneJodelle,Remy Belleau, JeanAnthoine de Baïf, Jacques Tahureau, Guillaume des Autels, Nicolas Denisot, qui, par l'anagramme de son nom, se faisoit appeller comte d'Alcinois*, Louys le Carond, Olivier de Magny, Jean de la Peruse, Claude Butet, Jean Passerai, Louys des Masures, qui traduisit tout le Virgile. Moy-mesme, sur ce commencement^, mis en lumière "^ mon Monophiïe, qui a esté favorablement recueilly*; et âmes heures de relasche, rien ne m'a tant pieu que de faire des vers Latins ou François. Tout cela se passa sous le règne de Henry IL Je compare ceste brigade à ceux qui font le gros d'une bataille. Chacun d'eux avoit sa maistresse qu'il magnitioit^, et chacun se promettoit une immortalité de nom par ses vers; toutesfois quelques-uns se trouvent avoir survescu leurs livres '^^. Depuis la mort de Henry, les troubles qui survindrent en France pour la Religion, troublèrent aucunement'' l'eau que l'on puisoit auparavant dans la fontaine de Parnasse; toutes-fois, reprenant peu à peu nos esprits, encores ne manquasmes-nous de braves Poètes que je mets pour l'arriere-garde : uns Philippes des Portes, Scevole de Sainte-Marthe, Florent Chrestien, Jacques Grcvin, les deux Jamins, Nicolas Rapin, Jean Garnier, le seigneur de Pibrac, Guillaume Saluste Seigneur du Bartas, le Seigneur du Perron et Jean Bertaut, avec lesquels je ne douteray d'adjouster '^ mes Dames des Roches, de Poictiers, mère et fille, et spécialement la fille qui reluisoit à bien escrire entre les Dames, comme la Lune entre les Estoilles.