Auxquels je n'hésiterai pas à ajouter
Auparavant tous ceux-cy, nostre Poésie Françoise consistoil en Dialogues, Chants Royaux, Hallades, Rondeaux, Epigrammes, Elégies, Epistres, Eglogucs, Chansons, Eslrennes, Epitaphcs, Complaintes, Blasons, Satyres en forme de Coq à l'Asne : pour lesquels Thomas Sibilet * flt un livre qu'il appela VArt poètùjue framois, où il discourut de toutes ces pièces; et la plus part desquelles despleut aux nouveaux Poètes, parce que du Bellay, en son second livre de la Deffense de la langue françoise, commande par exprès^ au Poëte qu'il veut former de laisser aux Jeux Floraux de Tholose et au Puy de Roûeu' les Rondeaux, Ballades, Virelais, Chants Royaux, Chansons et Satyres en forme de Coq à l'Asne et autres telles espisseries (ce sont ses mois) qui corrompoient le goust de nostre langue, et ne servoient sinon à porter tesmoignage de nostre ignorance. Et au lieu de cela inlroduisismes entre autres, deux nouvelles espèces de Poésie, les Odes dont nousempruntasmes la façon* des ^ Grecs et Latins et les Sonnets que nous tirasmes des Italiens Quant à la Comédie et Tragédie, nous en devons le premier plant® à Estienne Jodelle... Je ne vois point qu'après lui beaucoup de personnes aient embrassé la Comédie. Jean de Baïf en fit une sous le nom de Taillehras qui est entre ses poëmes; et la Peruse, une tragédie sous le nom de Medee, qui n'estoit point trop décousue; et toutes-fois, par malheur, elle n'a esté accompagnée delà faveur qu'elle meritoit... Garnier nous a fait part de huit tragédies toutes de choix et de grand poids, de la Porcie, de la Cornelie, du Marc-Anthoine, de VHipjiolite, la Troade,V Antigotie, des Jidfves et de laBmdamante : poëmes qui, à mon jugement, trouveront lieu dedans la postérité...
Quant à Pontus du Tiart, ses Erreurs amoureuses furent du commencement fort bien recueillies '', mais je ne voy point que la suite des ans luy ait porté telle faveur. Aussi semble que luy-mesme avec le temps les condamna, comme celuy qui adonna depuis son esprit aux mathématiques et en fin à la théologie. En tant que^ touche Remy Belleau,je le pense avoir esté, enmatiere de gayelez, un autre Anacreon de nostre siècle. 11 vou-