‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 393 sur 725 · Pour ce qui · texte numérisé non relu

Pour ce qui

lut imiter Sannazar aux* œuvres dont il nous a fait part : car lout ainsi que Sannazar^, Italien, en son Arcadic, lait parler des pasteurs ea prose, dedans laquelle il a glassé* toute sa Poésie Toscane; aussi a fait le semblable nostre Belleau, dans sa Bergerie. La Poësie de Philippe des Portes est doux-coulante; mais surtout je loue en luy, qui est abbé de Bon-Port, la belle retraicte qu'il a faite, et comme il est surgy à bon port'* par sa traduction de tous les Pseaumes de Daviden nostre langue françoise. Marot nous en avoit seulement donné cinquante; Beze tout le demeurant; et des Portes seul a fait tous les deux ensemble. Au regard de tous les autres, encore que diversement ils méritent quelque éloge ^ en bien ou en mal, si ne veux-je asseoir mon jugement sur eux, pour ne donner sujecl aux autres de juger de moy. Je me contenteray seulement de dire que jamais chose ne fut plus utile et agréable au peuple que les Quadmins du Seigneur de Pibrac, et les deux Sepmaincs du Seigneur du Barlas : ceux-là nous les faisons apprendre à nos enfants pour leur servir de première instruction, et neantmoins, dignes d'eslre enchâssés aux cœurs des plus grands; et quant à du Barlas, encore que quelques-uns ayent voulu contrôler son style comme trop enflé, si est-ce que son œuvre a esté embrassé® d'un 1res favorable accueil, non seulement pour le digne sujet qu'il prit à la louange, non d'une maisiresse, ains'' de Dieu; mais aussi pour la doctrine^, braves discours, paroles hardies, traits moûelleux el heureuse deductiondont il est accompagné. Mais surtout on ne peut assez haut louer la mémoire du grand Bonsard : car en lui veux-je parachever ce chapitre. Jamais Poêle n'écrivit tant comme ^ luy, j'enten de ceux dont les ouvrages sont parvenus jusques à nous; et toutes-fois, en quelque espèce de Poésie où il ait appliqué son esprit, en imitant les anciens il les aou surmontez'», ou pour le moins esgalez; car quant à tous les Poêles qui ont escrit en leurs vulgaires, " il n'a point son pareil. Pclrarque s'est rendu admirable en la célébration de sa Laure, pour laquelle il fit plusieurs sonnets et chansons :

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