AMYOT
Jacques Amyot naquit à Melun en 1513 d'une pauvre famille d'artisans. Il fit ses études au collège de Navarre et dut servir comme domestique des étudiants riches pour subvenir à ses besoins. Maître esarts à dix-neuf ans, il devint précepteur des neveux de l'abbé Colin, puis des enfants de Bouchetel de Lapy, secrétaire du roi. Frappée de sa science, Marguerite de Valois lui fit donner la place de lecteur public à l'université de Bourges. Il y enseigna douze ans les lettres anciennes, et c'est alors qu'il commença les traductions qui devaient le rendre célèbre. Ses premiers ouvrages lui valurent l'abbaye de Bullozane. Au retour d'une mission au concile de Trente, que l'ambassadeur Odet de Selve et le cardinal de Tournon lui avaient confiée, il fut chargé par Henri II de l'éducation do Charles d'Orléans, et de Henri d'Anjou (depuis Charles IX et Henri III). Ces princes, arrivés au trône, récompensèrent dignement leur maître; Charles IX le nomma grand aumônier de France (i5G0), puis évoque d'Auxerre (1570) ; Henri III le fit commandeur de l'ordre du Saint-Esprit.
Comblé d'honneurs et de biens, il menait dans son évcché une existence douce, simple et calme, quand le malheur vint troubler ses der-
1. Les citations de Pasquier, faites d'après une édition incorrecti; de son temps, sont inexactes. Vuici le texte de l'édition princeps de 1490 :
... Heu, lé! Ton me puisse pendre Si je ne vois (vais) faire venir Un bon sergent ; mesavenir l>uy puisse il s'il ne t'emprisonne.
Ln BERGIEn.
Pli iiio lii'uve, je luy pardonne.
niôi'cs anm'es. Le duc ot le cardinal de Guise ayant été assassinés aux États de Biois, les Ligueurs d'Auxerre accusèrent Amyot d'avoir approuvé le crime et d'avoir accordé l'absolution au roi. Menacé par son chapitre, par le peuple soulevé, il s'enfuit précipitamment d'Auxerre; sa maison fut mise au pillage et le riche Amyot devint en quelques semaines « lo plus affligé, détruit et ruiné pauvre prêtre qui fut » (9 août lô8!)). Il put cependant reprendre son siège épiscopal et les devoirs de son ministère; il mourut en 1693, fidèle au parti de la royauté catholique, sans avoir pressenti Henri IV.
Amyot publia en 15 iG la traduction des Amours de Thénrjène et Charidée; en lo5i, la traduction de sept livres de Diodore de Sicile, qui obtint peu de succès; en 1559, la traduction do la pastorale de Dnpfinis et Chloé et des Vies des hommes illustres de Plutarque, son chefd'œuvre. En 1574, il donna les Œuvres morales du môme écrivain.
Voir l'appréciation de ces traductions dans notre Tableau de la littérature au xvi"= siècle (section I, ch. vu).