‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 41 sur 725 · ORATEURS JUDICIAIRES · texte numérisé non relu

ORATEURS JUDICIAIRES

Le seizième siècle n'est pas le siècle de l'éloquence. Nous avons constaté plus haut la faiblesse de la prédication religieuse; l'éloquence politique, qui d'ailleurs ne peut se développer que chez les peuples libres et dans les assemblées délibérantes, ne présente guère qu'un grand nom, Guillaume du Vair ^.

L'éloquence judiciaire semblait favorisée par les circonstances. Les travaux des gr:tnds jurisconsultes Alciat, Cujas et Dumoulin, ces illustres maîtres de la science du droit en France, les ordonnances de Louis XII (IblO), de François P"" (t528) sur la réformation de la justice ou Y abréviation des procès, la fameuse ordonnance de Villers-Cotterets (1539) qui ordonnait que toutes les procédures fussent prononcées, enregistrées, délivrées aux parties en langage maternel françois et non autrement, devaient avoir une influence marquée sur l'éloquence judiciaire. Toutefois on était encore loin de cette unité de législation qui fait prévaloir sur les traditions contradictoires du droit romain, du droit canon, du droit féodal, du droit coutumier, certains principes généraux consacrés dans toute l'étendue de la France, et qui,

1. Voir Th. Froment, Essai sur l'éloquence judiciaire en France, avant le wn" siècle. Paris 1874. — L'éloquence et le barreau dans la première moitié

du xvi« siècle, Paris, 1873. Une étude approfondie de l'iiistoire de l'éloquence au XVI' siècle est encore à faire.

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