‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 42 sur 725 · Voir plus iiaut, p. 21 et · texte numérisé non relu

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fondée non-seulement sur l'usage, mais sur la raison elle-mâme, fait de toute cause particulière une cause générale capable d'intéresser tous les citoyens, et donne carrière au talent de l'orateur appelé à faire triompher quelque chose de plus que des intérêts : des droits et des principes. A cette cause d'impuissance qu'on ajoute le caractère subtil de l'argumentation, héritage de la scolastique, la recherche pédantesque de l'érudition, la manie de surcharger les discours de citations des auteurs anciens que l'on apportait comme autorités dans les matières les plus graves, et l'on s'expliquera que l'éloquence judiciaire au seizième siècle nous ait laissé peu de grands monuments.

Les érudils rappelleront les noms de Poyet, de François do Montholon, de Lizet, qui plaidèrent dans le procès de Louise de Savoie contre le connétable de Bourbon * ; de Séguier, de Thou, Marillac. On pourra encore consacrer un souvenir à Jacques Aubry, qui poursuivit avec indignation l'organisateur des horribles massacres de Mérindol et delà Cabrière, le féroce baron d'Oppède. Ce n'est que dans la dernière partie du seizième siècle que l'on rencontre quelques orateurs qui méritent d'être cités.

Il ne reste des discours d'EsxiENNE Pasquier^ que celui qu'il prononça dans le fameux procès de l'Université contre les jésuites, L'Université refusait d'admettre dans son sein la compagnie des jésuites et lui contestait le droit d'enseigner publiquement. Les jésuites firent requête au Parlement pour être incorporés à l'Université ; cette requête fut soutenue avec habileté par Pierre Versoris ou Le Tourneur et combattue avec une grande véhémence de parole et une éloquence mordante par Pasquier. Le refentissement.de son discours^ fut immense; a cette harangue, prononcée cà la vue de dix mille, » fut réputée à Vétranger pour un chef-cV œuvre. Le Parlement ajourna sa sentence; c'était un triomphe pour les jésuites ; la cause dormit pendant trente ans.

Après les troubles de la ligue, au retour de la paix, l'Université, trouvant l'occasion favorable, reprit le procès qui était resté pendant, et, par l'entremise de son recteur Jacques d'Amboise, fit requête au Parlement pour chasser les jésuites de son sein et môme pour les expulser de France (1o94). Antoine Arnauld, le père d'Arnanld d'Andilly et du grand Arnauld, prit la place de Pasquier. Déjà fameux par un pamphlet dirigé contre les jésuites

1. Voir Pasquier, Recherches de la I 2. Voir aux Morceaux choisis, p. 133. France, \,C. \ 3. Publié clans ses /JectexAes, III, a.

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