De jour en jour
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ou que nous n'en tenons compte : mais do noz ennemis, nous rcclierchons curieusement jusques aux songes. Les maladies, les debles, les mauvais mesuages avec leurs propres femmes, sont plus tost incogneus à ceux h qui ils touchent, que non pas ' de l'eimemy ; mais principalement s'atachc il aux fautes, et est' ce que plus ''il recherche à la trace. Et tout ainsi que les vaultours volent à la senteur * des corps pourris et corrompus, et n'ont aucun sentiment *de ceux qui sont sains et entiers ', aussi les parties de nostre vie qui sont mal saines, mauvaises, et gastees, sont celles qui plus émeuvent nostre eunemy : c'est là que sautent incontinent ceux qui nous haïssent, c'est ce qu'ils harassent'' et qu'ils deschirent. Et c'est cela qui plus nous profile, en nous contraignant de vivre regleement *, et prendre bien garde à nous, sans dire ne' faire rien négligemment, à l'estourdie, ny imprudemment, ains i" conserver tousjours notre vie comme en estroitte diette" irrépréhensible : car ceslcreservee caution** reprimant les violentes passions de nostre ame, et contenant la raison au logis, engendre une accouslumance, une intention et volonté de vivre honestement et correctement. Car ainsi comme les citez qui par guerres ordinaires avec leurs proches voisins, et continuelles expéditions d'armes, ont appris à estre sages, aiment les justes ordonnances, et le bon gouvernement : aussi ceux qui par quelques inimitiez ont esté contraints de vivre sobrement et se garder de mesprendre ^''par négligence, et par paresse, et faire toutes choses utilement et à bonne fin, ceux la ne se donnent de garde, que'* la longue accouslumance, petit à petit, sans qu'ils s'en apperçoyvent, leur apporte une habitude donc pouvoir plus pécher, et embellir leurs meursd'iiinocence, pour peu que la raison y mette la main : car ceux qui ont tousjours devant les yeux ceste sentence,
Le Roy Priam et ses enfans h Troye Certainement en meneroient grand joye i*,