‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 422 sur 725 · X la faveur de ec caltne · texte numérisé non relu

X la faveur de ec caltne

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donner courage aux autres, chantoit ne sçay quel chant de marine, et les autres luy respondoient à la cadence, comme Ion faict en une dance.

Or tant qu'ilz voguèrent en pleine mer le son se perdoit, à cause que la voix s'evanoyssoit en l'air; mais quand ilz vindrent à passer la poincle d'un escneil, et entrer en une baye creuse en forme de croissant, on ouyt bien plus fort le bruit des rames, et entendit on plus clairement le son de leur chanson, pour ce que le champ voisin du rivage de la mer, en cest endroict lu, estoit une longue vallée, au dessoubz d'un Cousteau de montaigne, laquelle rccepvant le son, comme le vent qui s'entonne * dedans une fluste, rendoit un retentissement qui reprcsentoit apart - le son des rames, et la voix des mariniers aparl, qui ^ esloil une chose assez plaisante à ouyr ; car pour ce que la voix venoit de la mer, celle qui retentissoit sur la terre finissoit d'aultantplus tard que plus tard elle commençoit.

Daphnis, qui sçavoit bien dont * ce retentissement procedoil, ne regaidoit seullement qu'en la mer, ettaschoit à retenir quelque couplet de la chanson, afin de la jouer puis après ^ sur sa fluste. Mais Chloé, qui jamais n'avoit ouy ce resonnement de la voix qu'on appelle Echo, lournoit sa teste tantost vers la mer, pendant que les pescheurs chantoyent, et tantost vers le bois, regardant où estoyent ceux qui leur respondoyent. Et quand ilz furent passez et esloignez, voyans qu'il y avoit un si grand silence eu la mer, elle demanda à Daphnis si derrière l'escueil il y avoit une autre mer, et une autre barque, et d'autres mariniers qui vogassent.

Daphnis se prit doulcement à sousrire, et... commença à lui compter la fable d'Echo si ^ luy dist :

« M'amye, il y a plusieurs sortes de Nymphes, les unes de[s] « prez, les autres des eaues, les autres des boys. Et de l'une de « celles là fut jadis fille Echo '', mortelle, pour ce qu'elle avoit « esté engendrée d'un père mortel, et belle, comme fille d'une « belle mère. Elle fut nourrie par les Nymphes et aprise * par « les Muses, qui luy monstrerent à jouer de la lluste, de lalyre, « et de tous autres inslrumeuls de musicque; tellement qu'es- « tant ja venue en la Heur de sou aage, elic dansoit avec les

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