‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 423 sur 725 · Instiuito · texte numérisé non relu

Instiuito

«Nymphes, et chantoit avec les Muscs; mais elle fuyoit

« autant les dieux que les hommes...

« Pan se courrouça à elle, ayant envie ' de ce qu'elle chantoit « si bien...., tellement qu'il feit devenir enragez les bergers et « les chevriers ^ du pays ou elle estoit, qui, comme loupz et « matins afamés, déchirèrent la pauvre fille en pièces et en « getterent les membres ça et là, chantant * encore ses chansons. « Mais la terre, en faveur des Nymphes, conserva son chant et « retint sa musicque, de manière qu'au gré des Muses elle rend « encores maintenant toute telle voix que Ion veult, represen- « tant, ainsi que faisoit la pucelle de son vivant, les dieux, les « hommes, les instrumens de musicque, les besles; et Pan luy- « mesme, quand il joue de sa fluste; et luy, entendant contre-.

« faire son jeu, saulte et court après pour sçavoir qui est

« celuy qui aprend à contrefaire son jeu, sans qu'il le * voye « ne congnoisse '. »

{Les amours pastorales de Daphnis et de Chloê, édition princeps, 1SS9, in-12, p. 32, verso.)

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