‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 431 sur 725 · AMBROISE PARÉ · texte numérisé non relu

AMBROISE PARÉ

Ambroise Pake naquit dans le Maine, vers 1510. Attiré vers la chirurgie par une vocation irrésistible, il vint, jeune encore, étudier à Paris sous Jacques Goupil, professeur au Collège de France, se fit peu à peu connaître, et, dès I5-3C, accompagna en Italie le colonel général René de Mortejean en qualité de chirurgien. Après la prise de Turin où périt son protecteur, il revint à Paris, se fit recevoir docteur en chirurgie au collège Saint-Edme, et fut bientôt nommé par Henri II (155'i) chirurgien ordinaire de la maison royale. Son dévouement et son humanité égalaient son habileté et sa science; il en donna la preuve par son admirable conduite pendant le siège de Metz (1552). Ses ennemis mêmes lui rendaient justice. Lorsqu'il fut fait prisonnier au siège de Verdun, le gouverneur espagnol à qui il donna ses soins le remit en liberté. De retour h la cour, il reprit ses fonctions auprès de Charles IX et les continua auprès de Henri III. Il mourut en IJOG.

Les premiers ouvrages de Paré sont écrits d'une manière pénible et embarrassée; le progrès de son esprit et son séjour à la cour durent contribuer à former son style. Ses dernières œuvres et en particulier son Apologie (sorte de biographie) sont remarquables par la clarté et l'élégance.

M. Malgaigne a donné des œuvres complètes de Paré une édition qu'on peut regarder comme définitive ; elle est précédée d'une savante introduction sur l'histoire de la chirurgie eji France (Paris 1840-41, 3 vol. in-i").

grande. Citons du inoins encore ce frag- l coustré de telle sorte comme un homme ment : « J'ay esté plusieurs années que, ' que l'on auroit traîné par tous les bourn'ayant rien de quoy faire rouvrir mes biers de la ville, et en m'en allant ainsi fourneaux, j'estois toutes les nuits à la retirer, j'allais bricollant ' sans chanmerey des pluyos et vents, sans avoir , délie, eu tumbaut d'un costé et d'autre, aucun secours, aide ny consolation, sinon comme un homme qui seroit yvre de \in, des chats huants qui chantoyent d'un 1 rempli de [rrandes tristesses : d'autant costé et les chiens qui hurloyent del'au- j qu'après avoir loni;uement travaillé je tre; parfois il se levoit des vents et tem- | voyois mon labeur perdu. Or, eu me retipesles qui souffloyent de telle sorte le des- rant ainsi souillé et trempé, je truuvois sus et le dessous de mes fourneaux, (|ue eu ma chambre une seconde persécution 2 j'estois contraint quitter là tout, avec I pire que la première, qui me fait à préperte de mou labeur. Kt me suis trouvé ! sent ses merveilles que je ne suis cou-

plusieurs fois qu'ayant tout quitté, n'ayant rien de sec sur nioy, à cause des pluyes qui cstoient tombées, je m'en allois coucher à l:i minuit ou au point du jour, ac-

sumé de tristesse. » (Id., p. 217.)

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