l'aire des remparts, fortilier
et les poultres et solives estoient arrengées bout à bout, et entre deux, des fascines, de la terre, des licts ' et balles de laine, puis on remettoit encore par-dessus autres poultres et solives, comme dessous. Or beaucoup de bois des maisons des faulxbourgs qui avoient esté mises par terre (de peur que l'ennemy ne s'y logeast au couvert, et qu'ils ne s'aidassent du bois) servit bien à remparer la brèche. Tout le monde estoit empesché^ à porter la terre pour la remparer jour et nuict. Messieurs les Princes, Seigneurs et Capitaines, Lieutenans, Enseignes, portoient tous la hotte pour donner exemple aux soldats et citoyens à faire le semblable : cequ'ils faisoient, voir^ jusques aux dames et damoiselles, et ceux qui n'avoient des hottes s'aidoient de chauderons, panniers, sacs, linceuls*, et tout ce qu'ils pouvoient pour porter la (erre: en sorte quel'eanemy n'avoit point si tost abbatu la muraille qu'il ne trouvast derrière un rempart plus fort...
Nos gens faisoient souvent des sorties, par le commandement de monsieur de Guise. Un jour devant^ il y avoit grand presse à se faire enroller de ceux qui dévoient sortir... Lesquels alloient jusques aux tranchées les® resveiller en sursaut, là où l'alarme se donnoit en leur camp '^ ; et leurs tabourins* sonnoient plan, plan, tati (a ta, tati ta tou,touf fouf ^ ; pareillement leurs trompettes et clairons ronfloient etsonnoient boutte selle, houtte selle, boutte selle, monte à cheval, monte à cheval, monte à cheval, monte àcaval,àcaval, ettousles soldats crioientfl Tanne, aux armes, etc., comme l'on fait la huée après les loups; et tous divers langages^", selou les nations. Et les voyoit-on sortir de leurs tentes et petites loges, drus comme fourmillons lorsqu'on descouvre leurs fourmillieres, pour secourir leurs compagnons qu'on degosilloit " comme moutons... Et quand les uostres se voyoient forcés, revenoient en laville tousjoursen combattant, et ceux'^ qui couroient après estoient repoussés à coup d'artillerie... Et nos soldats qui estoient sur la muraille faisoient une escopeterie ^* et pleuvoir leurs balles sur eux dru comme gresle, pour