l'ourquoi l'inlortune a-l-elle une | 5. Pris
POETES DE loOO A looO. — LE MAIRE DEé BELGES. 173
Tantost fut prest le noble Dieu Mercure
Qui les espritz des deftunctz prend en cure K
Lequel, tenant son Caducée ou verge,
Print mon esprit tout innocent et vierge ;
Puis, en volant plus legier que le vent
Me mena veoir le lenebreux convent-
Des infernaulx où siet* Radamanlhus
Hetributeur * des vices et vertuz.
Ung Rochier brun se treuve en la Moree
Dont sault^ vapeur borrible et sulphuree.
Le Roch se dit en latin Tenarus
Dont* Hercules'' en trainna Ce/'èeri/s.
Droit la® voit on ung grand trou tartaricquo
Si très hideux que nulle Rheloricque
Ne scauroit ^ bien sa laideur exprimer,
Au fons duquel alasmes abismer ^'^
Mercure et moy. Si trouvons l'huys de fer
Par ou on entre ou '^ grand pourpris d'enfer.
Lors Cerberus, le porlier lait ^- et noir
En abayant" nous ouvrit son manoir.
Sa voix tonant si fort retombissoit**
Qui' la valee obscure en gemissoit.
Si '^ ne fauU pas demander se *^ j'euz peur
Quand j'apperceuz ung si fier aggrippeur*'^
Nous lirons oullre^* et alons jusque au fleuve
Le plus despit *' que nulle part on treuve^":
Sfixila nom, c'estadire tristesse,
Tout plain d'horreur, d'angoisse, et de destresse.
Or nous passa le viellart naulonnier
Qu'on dit Karon, très vilain pautonnier-*.