Complainte de TAmaut vert
L'Amant vert, perroquet de la princesse Marguerite, apprend le départ de sa maîtresse. Il ne peut résister h sa douleur qu'il chante dans une longue épltre.
0 demy dieux, o Satires aggrestes,
Nymplies de bois et fontaines proprettes,
Escoutez moy ma plainte démener,
El lu, Echo, qui faiz l'air resonner
Et les rochiers de voix repercussives,
Vueillez doubler mes douleurs excessives.
Vous scavez bien que les dieux qui tout voient
Tel bien mondain, tel heur donné m'avoient
Que de plus grand ne joisl* oncques ame.
Vous cognoissez que pour maistresse et dame
J'avoie acquis (par dessus mes mérites^)
La fleur des fleurs, le chois des marguerites.
Las ! double helas ! pourquoy doncques la pers je ?
Pourquoy peut tant infortune^ et sa verge
Qui mainlesfois celle dame greva?
Elle s'en va, helas ! elle s'en va
Et je demeure icy sans compagnie.
Après avoir donné ordre d'écrire sur son tombeau ces quatre vers
Soubz ce tumbel qui est [ung] dur conclave Git l'amant vert, et le tresnoble esclave Dont le haulf cueur, de vraye amour pure yvre, Ne peut* souffrir perdre sa dame et vivre.
Il meurt de chagrin, va aux enfers guidé par Mercure qui le conduit :\ Minos. Celui-ci le déclare digne des Champs-Elysées; et mis au rang des immortels, il adresse à sa dame, du séjour des bienheureux, une n-lation de son voyage aux enfers.
L'Amant vert aux enfers.
... Quand mon ame eut (en tristes recordz Et grand douleur) prins-^ yssue du corpz,