Bieu flaiiautes, à l'udcur suave. Le
participe foirant n'a pas encore la forme IV'uiinine flnirante , d'après l'usage du vieux l'ranyais. De même plus loin grand, plaisant.
pris le doulx repos de nature recréant les labeurs des hommes, il s'esveilla; et, à son réveil, en estendant ses forlz bras et torchant* ses beaulx yeulx clers comme deux estoilles, getta son regard en circunference. Si vit tout à l'entour de lui ung grand nombre de belles nymphes, gentiles et gratieuses fées, qui le regardoient par grand attention. Mais si tost qu'elles l'aperceurent remoouvoir et entrebriser sa plaisant somnolence, toutes ensemble en ung moment se disparurent et tournèrent eu fuitte.
AJoncq Paris tout esmerveillé et transmué d'une vision si nouvelle se dressa sur piedz en sursault, et d'ung grand zelc ardant se print à courir après elles si Ireslegierement^ qu'il ne sembloit point fouler l'herbe de ses plantes^. Etlanl fit, qu'il en ralaignit une legierement fuyant, de laquelle les cheveulx aureins * voletoient en Tair par dessus ses espaules. Si la retint doulcemcnt par les plys undoyans de sa robe genlile et lui dist humblement en ceste manière : « 0 déesse spécieuse, quelque tu soyes, ou ^ nom de la clere Dyane, plaise à ta grâce et courtoisie demouror ung petit ^ (saulve ta bonne paix) et me vouloir dire quelle est l'assemblée de ces nobles nymphes, que j'ay présentement veues. Car oncques nulle cliose ne desiray tantscavoir que ceste cy. » Lors la gracieuse nymphe qui se sentit arestee, se retourna promptement et d'une chiere^ semblable à coursée^, lui dist ainsi : « Quelle hardiesse te meut, o jeune adolescent Royal? ne de quelle fiance présumes tu de mettre la main aux nymphes (qui sontdemy déesses) en leur faisant violence? Je te prie, déporte toy de telle oullrageuse témérité et nous laisse aller franches et libères par l'exemple de ceulx à qui il en est aulreffois mescheu ^. »
Le noble enfant Paris Alexandre, quand il ouyt la nymphe ainsi parler impérieusement et haultainement, tout craintif et plain de tremeur *'*, s'enclina en terre, come eslonné etmoictié ravy tant de sa merveilleuse éloquence come de sa souveraine beaulté et la voulut adorer come une déesse céleste ".
{Le premier livre des Illustrations de Gaule et singularités de Troye, chapitre xxini; édition de Paris, 1513.)
i. Essuyant. Mot devenu aujourd'hui vulgaire et même bas.
i. Tiès-Iégèrement, si bien, etc.