‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 446 sur 725 · CLÉMENT MAROT · texte numérisé non relu

CLÉMENT MAROT

Clément Mahot, fils du poëte Jean Marot, naquit en 1407 ;i Cahors. Son père attaché à la cour de la reine Anne de Beaujeu l'amena à Paris, où il le fit étudier sous des maîtres dont notre poëte garda un souvenir peu favoraiile i. Destiné t\ la magistrature, il entra chez un procureur, mais quitta bientôt la basoche pour servir comme page chez M. de Neuville, seigneur de Villeroy. C'est chez lui qu'il publia ses premières poésies écrites dans le faux goût du temps. En 1515 il fit hommage de son Temple de Ciipidon îi François 1^' ; le roi le fit entrer au service de sa sœur Marguerite, qui l'attacha à sa personne en qualité de valet de chambre (1519). 11 accompagna ensuite le roi de France en Italie, fut blessé et fait prisonnier à Pavie et renvoyé en France sans rançon (1535).

Dès l'année suivante on le voit accusé d'hérésie par le docteur Boucher, conduit au Cliâtelet, puis transféré dans la prison de Chartres sur la demande de l'évoque de cette ville, Ch. Guiart,qui lui était secrètement favorable ; il y fut traité avec les plus grands égards. Dans les loisirs de cette douce captivité, il cnipose sa satire de l'Enfer, nom qu'il donne au Châtelet. Mis en liberté par ordre de François I*', il est de nouveau emprisonné pour avoir voulu arracher des mains de la prévôté un homme qu'on menait en prison : une épître au roi lui rend sa liberté. En 1538, il suit jusqu'aux frontières d'Espagne le roi et la cour qui allaient recevoir la nouvelle reine, Eléonore d'Autriche. Ses relations avec les luthériens attirent sur lui pour la seconde fois les colères de la Sorbonne ; il se réfugie dans le Béarn auprès de Marguerite, puis en Italie auprès de la duchesse de Ferrare Renée de France, qui était favorable aux idées nouvelles. C'est de 1:\ qu'il adresse à François ]"■ une épître restée célèbre où il tente de le fléchir. Obligé de fuir Ferrare, il cherche un asile à Venise; enfin il rentre en France après avoir abjuré ses erreurs à Lyon (1536) et reparaît à la cour.

Cette vie errante, ces persécutions, ces soucis qui accablaient Marot, furent plus favorables au développement de son talent que les années de calme et de tranquillité qu'il avait passées à la cour de France jusqu'en ]5,.'5. Il se débarrassa du faux goût, de l'érudition pédante et mal digérée et atteignit le naturel ; sa phrase devint franche, vive, alerte, marquée au coin du bon sens et do la netteté. De retour en France, Marot esjjérait trouver le repos quand éclatèrent des inimitiés qui s'étaient amassées contre lui durant son exil. On lira dans notre

.En effet c'cstoient de gratis bçstes 1 Jamais je n'entre en paradi»

Que les regciis du temps jadis, S'ils ne m'ont perdu ma jeunesse.

1 ' K pis ire, 43.)

Tableau de la liltêruiure au xvi* siècle, cette lutte avec le poète Sagon qui ne fat rien moins que littéraire. Après ces querelles où les rieurs étaient du côté de Marot, maître Clément jouit de sa gloire et de la faveur royale jusqu'en 1543. Sa traduction des cinquante premiers Psaumes, encouragée d'abord par François I", fut condamnée par la Sorbonne. Malgré la protection royale, Marot dut s'enfuir à Genève ; mais, poursuivi par les calvinistes comme libertin, il se réiagia. en Italie. Il alla mourir à Turin en 1544.

Nous étudions l'œuvre de Marot dans notre Tableau de la littérature an XVI' siècle, section II, ch. i.

Les éditions des poésies de Cl. Marot sont assez nombreuses, aucune n'est définitive. Citons parmi les éditions modernes celle de du Fresnoy (La Haye, 4 vol in-i% 1731), de Rapilly (Paris, 3 vol. in-8", 1824), de Jannet (Paris, 4 vol. in-lS, l868-7'2). Nous suivons l'édition de 1544 (Lyon, in-8"}, la dernière donnée du vivant de l'auteur.

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