‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 45 sur 725 · CHAPITRE Yl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Yl

CONTEURS

Vers la fin du moyen âge, les épopées et les romans de la Table Ronde du douzième et du treizième siècle mis en prose avaient donné naissance au roman de chevalerie, récit des exploits et des prouesses qu'accomplissait pour sa dame quelque héros, tantôt aidé, tantôt combattu par des êtres surnaturels : enchanteurs tels queMerlin, fées, géants, magiciens. Ce genre délaissé peu à peu, discrédité en France à l'époque qui nous occupe, ne reprendra un moment de faveur que sous l'influence espagnole, avec VAmadis des Gaules.

Toutefois le côté héroïque et merveilleux de ces récits avait laissé des traces profondes dans l'imagination populaire; et des œuvres continuant cette tradition, racontant les exploits de quelque héros, géant, enchanteur, circulaient dans la bourgeoisie et dans le peuple. Telles étaient les Chroniques gargantuincs, histoire du géant Gargantua et de son ami et maître l'enchanteur Merlin. Ce sont ces chroniques que le génie de Rabelais va bientôt transformer sous une autre influence, celle qui a donné naissance aux conteurs du seizième siècle.

A côté de cet esprit héroïque qui répond aux sentiments généreux de l'àme humaine et qui avait inspiré la littérature épique, régnait ce qu'on est convenu d'appeler Vcsimt gaulois avec sa verve hardie, sa bonhomie railleuse, sa gaieté franche et libre : c'est cet esprit gaulois plaisant, satirique, licencieux, qui inspira aux douzième et treizième siècles le genre des fabliaux ; au quatorzième et au quinzième, lorsque les fabliaux sont portés sur la scène, la farce dramatique d'où est sortie la comédie; au seizième siècle enfin, la littérature des conteurs, quand les fabliaux, transportés en Italie et devenus des récifs en prose, des nouvelles, repassent les monts, après les guerres d'Italie, et s'acclimatent comme un genre nouveau dans notre pays qui ne se souvenait plus de leur origine.

sa morale, satire mordaute et incisive par le fond, souvent lourde et embarrassée dans la forme. Ce violent réquisitoire fut un arsenal où les adversaires des jésuites

et peut-être l'auteur des Provinciales trouvèrent plus d'une arme redoutable.

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