Genou
M'a préservé de ces grands loups rabis %
Qui m'espioyent dessoubs peaulx de brebis
Ce que sçachant ^ pour me justifier, A ta bonté je m'osay tant fier, Que hors de Bloys parly ^ pour à toy, Syre, Me présenter. Mais quelcun me vint dire : « Si tu y vas, amy, tu n'es pas sage. Car tu pourrois avoir maulvais visage De ton Seigneur. » Lors comme le Nocher, Qui pour fuyr le péril d'un rocher En pleine mer, se deslourne tout court : Ainsi pour vray m'escartay de la Court : Craignant trouver le péril de durté, Ou * je n'euz onc *, fors doulceur et seurté® :
Puis je sçavois, sans que de faict l'apprinse '' Qu'à un subject l'oeil obscur ' de son Prince Est bien la chose en la terre habitable, La plus à craindre, et la moins souhaitable.
Si ^ m'en allay, évitant ce danger, Non en pays, non à Prince estranger, Non point usant de fugitif destour.
Mais pour servir l'autre Roy ^'^ à mon tour, Mon second Maistre, et fa sœur son espouse, A qui je fuz des ans à quatre et douze " De ta main noble heureusement donné.
Puis tost après, Royal chef couronné, Sçachant plusieurs de vie trop meilleure, Que je ne suis, estre bruslez à l'heure ^- Si durement que mainte nation En est tombée en admiration ^^, J'abandonnay, sans avoir commis crime, L'ingrate France, ingrate, ingratissime A son Poêle, et en la délaissant, Fort grand regret ne vint mon cueur blessant **.