Au roy, du temps de son exil à Ferrare
Il est bien évident,
Que dessus moy ont une vieille dent ^,
Quand ne povans crime sur moy prouver,
Ont Iresbien quis ^ et tresbien sceu trouver,
Pour me fascher, brefve expédition *,
En te donnant mauvaise impression
De moy, ton serf, pour après à leur aise
Mieulx mettre à fin leur volunté mauvaise :
Et pour ce faire ilz n'ont certes heu ■* honte
Faire courir de moy vers toy maint compte *,
Avecques bruyt plein de propos menteurs "",
Desquelz ilz sont les premiers inventeurs.
De Lutheriste ilz m'ont donné le nom,
Qu'a droict ce soit *, je leur responds que non.
Luther pour moy des cieulx n'est descendu,
Luther en Croix n'a point esté pendu
Pour mes péchez : et tout bien advisé,
Au nom de iuy ne suis point baptizé;
Baptizé suis au nom qui tant bien sonne,
Qu'au son de Iuy le Pei-e éternel donne
Ce que l'on quiert ^ : le seul nom soubs les cieulx,
En et par qui ce monde vicieux
Peult estre sauf : le nom tant fort puissant,
Qu'il a rendu tout genoil *" fleschissant.
Soit infernal, soit céleste, ou humain :
Le nom, par qui du seigneur Dieu la main