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Celui de nous qui sera assez fort pour se lever

2. Citons ici un fragment de la Sophonishe de Saint-Gclais; sur cette tragédie traduite ou imitée de l'Italien Trissino, voir notre Tableau, etc. (111, u).

Mort de Sophonisbe.

Femme première.

Après que le Rov Masinissa est sorty du chastc-au, la Kovne incontinent a faict parer tous les autefz de festons, de lierre et de myrte. Et elle mesme aussy s'est parée de ses plus beaux et plus riches habitz blancs. Auquel accoustrement il la faisoit si bon voir que je ne pense pas que le soleil ait oncq \eu rien de plus beau. Mais sur le poinct qu'elle metotit à part certains joiaux pour aller présenter ' à la déesse Juno, à ce que luy pleust estre favorable 2 à ses nouvelles espousailles, voicy arriver un escuier de Masinissa portant en sa main une couppe pleine de poyson, lequel s'estouna un peu d'arrivée '*. Mais après s'estre revenu *, il dit ces paroUes : « Madame, le Roy mon maistrc m'envoyc devers vous et vous mande par moi que voluntiers il vous eust tenu sa première promesse.

Mais puisqu'un aultre plus puissant luy en a osté le moien, à tout le moins vous tient-il sa seconde, c'est que si vous voulez vous ne tuniberez point vivante en la puissance des Romains ; vous conseillants en cest endroit acte digne du noble sang dont vous estes yssue. » Ces parolles cuves, la Royne a tendu la main et prins la "coupe avec un visaige constant et asseuré,puis a respondu au porteur : « Vous direz à votre maistre que sa nouvelle espouse accepte de bon cueur le premier présent qu'il luy envoyé, qu'ainsy est qu'il 6 ne luy en peult envoler de meilleur. Vray que moins lui greveroif de mourir si elle ne fust point remariée en ses funérailles. » Cela dit, elle a fait un

1 Pour aller les offrir.

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