‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 475 sur 725 · JOACHIM DU BELLAY · texte numérisé non relu

JOACHIM DU BELLAY

JoACHiM DU Bellay naquit vers 1525 à Lyre, près d'Angers, d'une famille qu'illustraient déjà sous François I" les trois frères du Bellay ses cousins, M. de Langey du Bellay et Martin du Bellay, auteurs d'importants mémoires '. et le cardinal du Bellay. Orphelin de bonne heure, il eut une enfance pénible. Il avait à peine l'âge d'homme, quand son frère mourut, laissant un jeune enfant à sa charge avec succession embarrassée de procès. Puis la maladie vint l'accabler durant deux ans. A peine rétabli, il alla à Poitiers étudier le droit ; enfin il se lia avec Ronsard qui l'enrôla dans la troupe de Daurat (1548). Il embrassa avec ardeur les idées du poëte, et publia en 1549 la Défense et Illustration de la Langue Françoise, manifeste de la nouvelle école. Il donna la même année un recueil de sonnets en l'honneur de M'"° de Viole désignée sous l'anagramme d'Olive.

Emmené comme secrétaire en Italie par son cousin le cardinal, il assista aux intrigues de la cour romaine et les dénonça dans des sonnets pleins de vigueur et d'éclat [Regrets). On ne lui pardonna pas sa

1. Voir notre Tableau de la litte'rature an x\i' siècle (section I, ch. lll).

Femme seconde.

Mais ce qui m'a semblé un cas plus esnierveillable, c'est qu'elle a faict et dit toutes choses sans jeter une seule larme d'œil, ny tirer un seul souspir, et sans changer seulement de \oix ny de couleur. Cela fait, elle a commandé liier hors de ses cotrres un beau et riche drap de soye et un aultre de lin, et se tournant devers nous aultres, nous a dict : « Mes bonnes amyes, je vous prie que, quand je seray passée de cette vie, vous ensevelissiez mou corps dedans ces draps pour le mettre en sépulture. Puis elle s'est assise dessus son lict, et prenant son petit fils entre ses bras l, a tiré adonc un souspir trenchant du plus profond de son estomach, en disant : « Ha ! pauvre enfant, tu ne sçais pas en quelle misère tu demeures, qui est le raieulx que je voie en ti)n malheur. Dieu te fasse plus heureux que ton père et moy n'avons esté, o En

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