‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 479 sur 725 · Si les Français et la langue française ne disparaissent · texte numérisé non relu

Si les Français et la langue française ne disparaissent

jelter ses racines, sortira de terre et s'eslevera en telle hauteur et grosseur, qu'elle se pourra esgaler aux mesmes Grecs et Romains*, produisant comme eux des Homeres, Demoslhenes, Virgiles et Cicerons, aussi bien que la France a quelquefois produit des Pericles, Nicies \ Alcibiades, Themislocles, Césars et Scipions. (La Defence et Illustration de la Langue Francoyse, livre I, chap. m; éd. Morel, Paris, 1568, feuillet 4; cf. les Œuvres complètes de J. du Bellay, édition Ch. Marty-Laveaux, t. I, p. 9.)

Que le naturel n'est suffisant à celuy qui en poésie veult faire œuvre cligne de l'immortalité.

Mais pour ce qu'en toutes langues y en a de bons et de mauvais 3, je ne veux pas (lecteur), que sans élection * et jugement, tu le prennes ^au premier venu. Il vaudroit beaucoup mieux escrire sans imitation, que ressembler « un mauvais auteur : veu ' mesmes que c'est chosti accordée entre les plus sçavans, le naturel faire» plus sans la doctrine s, que la doctrine sans le naturel. Toutefois d'autant que l'amplificationi'de nostre langue (qui est ce que je traitte) ne se peult faire sans doctrine et sans érudition, je veux bien advertir ceux qui aspirent à ceste gloire, d'imiter les bons auteurs Grecs et Romains, voire bien Italiens, Espagnols et autres : ou du tout n'escrire point ", sinon à ^^ soy (comme on dit) et à ses Muses. Qu'on ne m'allègue point icy quelques uns des nostres, qui sans doctrine, à tout le moins non autre que médiocre 1^ ont acquis grand bruyt en nostre i* vulgaire i^ Ceux qui admirent volontiers les petites choses, et desprisent ^^ce qui excède leur jugement en feront tel cas qu'ilz voudront : mais je sçny bien que les sçavans ne les mettront en autre ranc, que de ceux" qui parlent bien François, et qui ont (comme disoit Cicérone» des anciens auteurs Romains) bon esprit, mais bien peu

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