‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 498 sur 725 · Regrets · texte numérisé non relu

Regrets

France, mère des arts, des armes et des loix,

Tu m'as nourry long temps du laict de ta mamelle :

Ores ', comme un aigneau qui sa nourrisse appelle

Je remplis de ton nom les antres et les bois. Si tu m'as pour enfant advoiié quelquefois

Que ne me respons-tu maintenant, ô cruelle?

France, France, respons à ma triste querelle* :

Mais nul, sinon Echo, ne respond à ma voix. Entre les loups cruels j'erre parmy la plaine.

Je sens venir l'iiyver, de qui la froide haleine

D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau. Las! tes autres aigneaux n'ont faute de pasture

Ils ne craignent le loup, le vent, ny la froidure;

Si ne suis-je pourtant ^ le pire du troppeau.

Ce pendant queMagny suit son grand Avanson, Panjas son Cardinal et moy le mien encore ^, Et que l'espoir flateur, qui noz beaux ans dévore Appaste noz désirs d'un friand hameçon.

Tu '' courtises les Roys, et d'un plus heureux son Chantant l'heur * de Henry ^, qui son siècle décore. Tu t'honores loy mesme, et celuy qui honore

i. Ni les guerres civiles.

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