‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 499 sur 725 · Henri II · texte numérisé non relu

Henri II

L'ECOLE DE RONSARD. — JOAGHIM DU BKLLAY. 215

L'honneur que tu luy fais par ta docte chanson. Las! et nous cependant nous consumons nostre âge Sur le bord incogneu d'un estrange * rivage Ou le malheur nous fait ces tristes vers chanter : Comme on voit quelquefois, quand la mort les appelle, Arrangez flanc à flanc parmy l'herbe nouvelle, Bien loing sur un estang trois cygnes lamenter.

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy là qui conquit la toison*

Et puis est retourné, plein d'usage' et raison

Vivre entre ses parents le reste de son âge ! Quand revoirai-je, helas! de mon pauvre village

Fumer la cheminée ; et en quelle saison

Revoirai-je le clos de ma pauvre maison

Qui m'est une province * et beaucoup d'avantage ! Plus me plaist le séjour qu'ont basty mes ayeulx

Que des palais Romains le front audacieux :

Plus que le marbre dur ^ me plaist l'ardoise fine * : Plus mon Loyre ^ gaulois que le Tybre latin

Plus mon petit Lyre * que le mont Palatin,

Et, plus que l'air marin, la doulceur Angevine *.

[Regrets; sonnets ix, xvi, xxxi; éd. de 1569, feuillets 6, 8, M ; éd. de M.-Laveaux, tome II, p. 171, 17o, 182.)

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