‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 506 sur 725 · A Cassandre · texte numérisé non relu

A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au soleil, A point perdu, ceste vesprée ^, Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vostre pareil.

Las! voyez comme en peu d'espace, Mignonne, elle a dessus la place, Las ! las ! ses beautez laissé cheoir ! 0 vrayment marastre Nature, Puis qu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir!

Donc, si vous me croyez. Mignonne, Tandis que vostre âge fîeuronne^ En sa plus verte nouveauté.

Cueillez, cueillez vostre jeunesse :

Comme à celte fleur, la vieillesse Fera ternir vostre beauté.

{Odes, livre I, ode xvii ; — tome If, p. 117.)

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