‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 507 sur 725 · Ne s'effrayer · texte numérisé non relu

Ne s'effrayer

b. Comparez Horace, Epîlres, I, 6 : Nil admirari propo res est una, Numici, etc.

RONSARD

Il est soudain, et les saisons soudaines

Font leur cours brèvcmenl.

Dessus le Nil jadis fut la science,

Puis en Grèce elle alla; Rome depuis en eut l'expérience,

Paris maintenant l'a.

Villes et forts et royaumes périssent

Par le temps tout expr(>s, Et donnent lieu * aux nouveaux qui fleurissent

Pour remourir après

La mer n'est plus où elle souloit ^ estre;

Et aux lieux vuidcs d'eaux (Miracle estrange!) on la void soudain naistre

Hospital ^ de bateaux.

Telles loix fit dame Nature guide,

Lors que par sur le dos Pyrrhe sema * dedans le monde vuide

De sa mère les os; A celle fin que nul homme n'espère

S'oser dire immortel, Voyant le temps qui est son propre père ^,

N'avoir rien moins de tel.

Arme-(oy donc de la philosophie

Contre tant d'accidens.

Et, courageux, d'elle te fortifie

L'estomach ^ au dedans, N'ayant effroy de chose qui survienne

Au devant de tes yeux, Soit que le ciel les abysmes devienne

Et l'abysme les cieux.

{Id. ibicL, ode xix; — t. U, p. 225.

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