Quelle célébrité cela te donne d'être, etc
RONSARD
Chante les vers, « Et qui oncque en sa vie Ne fut brûlé d'envie, Mendiant les honneurs
Des grands seigneurs ; « Ny n'enseigna l'usage De l'amoureux breuvage, Ny l'art des anciens
Magiciens ; « Mais bien à nos campagnes Fit voir les Sœurs compagnes' Foulantes l'herbe aux sons
De ses chansons.
•< Car il fit à sa lyre Si bons accords eslire * Qu'il orna de ses chants
Nous et nos champs!
« La douce manne tombe' A jamais sur sa tombe.
Et l'humeur * que produit
En may la nuit!
« Tout à l'entour l'emmure' L'herbe et l'eau qui murmure L'un tousjours verdoyant,
L'autre ondoyant 1 « Et nous, ayans mémoire Du renom de sa gloire, Luy ferons, comme à Pan,
Honneur chaque an. »
Ainsi dira la troupe, Versant de mainte coupe Le sang d'un agnelet ®,
Avec du lait, Dessus moy'', qui à l'heure* Seray par la demeure Où les heureux esprits
Ont leur pourpris^.