‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 509 sur 725 · Quelle célébrité cela te donne d'être, etc · texte numérisé non relu

Quelle célébrité cela te donne d'être, etc

RONSARD

Chante les vers, « Et qui oncque en sa vie Ne fut brûlé d'envie, Mendiant les honneurs

Des grands seigneurs ; « Ny n'enseigna l'usage De l'amoureux breuvage, Ny l'art des anciens

Magiciens ; « Mais bien à nos campagnes Fit voir les Sœurs compagnes' Foulantes l'herbe aux sons

De ses chansons.

•< Car il fit à sa lyre Si bons accords eslire * Qu'il orna de ses chants

Nous et nos champs!

« La douce manne tombe' A jamais sur sa tombe.

Et l'humeur * que produit

En may la nuit!

« Tout à l'entour l'emmure' L'herbe et l'eau qui murmure L'un tousjours verdoyant,

L'autre ondoyant 1 « Et nous, ayans mémoire Du renom de sa gloire, Luy ferons, comme à Pan,

Honneur chaque an. »

Ainsi dira la troupe, Versant de mainte coupe Le sang d'un agnelet ®,

Avec du lait, Dessus moy'', qui à l'heure* Seray par la demeure Où les heureux esprits

Ont leur pourpris^.

Page 1