‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 526 sur 725 · Avril et Mai · texte numérisé non relu

Avril et Mai

Le pendant * de ceste terrace n'estoit point tant sur le roc, qu'il fust demeuré stérile; car si jamais le bon père Bacchus respandit largement de sa féconde et libérale cuisse '^ ses douces liqueurs, c'a esté en ce vallon que je vey ' si à propos et en si belle saison, que la vigne commençoit à ébourrer '' le coton de son bourgeon, allongeant entre ses fueilles lendrettes deux petites manotles ^, tortillées et recourbées comme deux petites cornes de Limaçon. En quelques lieux se voyoit le pampre verdissant qui commençoit à desveloper ses fueilles largeltes découpées, un peu jaunissantes sur les bords et emperlees de rosée, comme de petit duvet qui les rendoit argentées quand le Soleil rayonnoit sur ce cousteau '. Je vous diray quelques petits vers sur la description du mois d'Avril, que je trouvay tout fraischeraent gravez avec la pointe d'un poinçon sur les appuis de ceste ferrace, riche de cent chiffres, devise et entrelas'", estant le receveur ordinaire de telles resveries et colères passionees de l'Amour. Ils commençoyent ainsi :

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