‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 536 sur 725 · Fredonne · texte numérisé non relu

Fredonne

De fleurons damassée; aux vignes le bourgeon Defourre le grapeau de son tendre coton *; Et l'herbe par les cliams reverdit arosee En ses brins vigoureux de la douce rosée; De la manne du ciel le doux sucre dessanl ^ Dessus les arbres verds, les fueilles blanchissant.

Puis quand dedans le Cancre ' il aura faict entrée Pour passer au Lyon et dans la Vierge Astree, La Cigale enrouée assise par les bois Choquant ses ailerons crie d'une aigre voix; La verdure jaunist et Ceres espiee * Trébuchera bien tost par javelles ciee ^ Sous l'outeron ^ haslé, pour emplir le grenier De ses presens dorez au joyeux mestayer. Lors le gay pastoureau dessous un frais ombrage Retire son bestail, contre l'ardente rage Du fiévreux Syrien '', près le bruyant ruisseau Qui de la vive source amené sa claire eau. Là remplissant de vent sa douce chaleraie * Va jouer sa chanson de l'amour de s'amie, Autant pour adoucir l'ennuyeuse chaleur Corne pour rafreschir la flamme de son cœur. Les tourbillons rouans ^, les pierres et la poudre Font le gast ^^ par les chams : Souvent l'horrible foudre Rompt la nuë orageuse et la flambante main De Jupiter tonanl pâlit " le genre hamain ^^

Quand Febus '^ de la Vierge en la Balance passe, Puis entre au Scorpion, punisseur de l'audace D'Orion violeur '\ et de là dans l'Archer, En ce tems la chaleur comance à se lascher. Par les chams despouillez le portcfruit Automne Montre son chef orné d'une riche couronne De fruitages divers, quand le nuage ept5s Des étourneaux goulus mange l'honeur des côps.

1. Fait sortir la petite grappe du fourreau de coton qui l'enveloppe.

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