‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 535 sur 725 · Les Saisons · texte numérisé non relu

Les Saisons

Le soleil dardant à la ronde

Ses rayons sur la terre et sur la grande mer

En tous les animaux vient la vie alumer.

Ceux, et qui ' dans le bois, et qui par les campagnes,

Et qui ont leur repaire aux caveins ^ des montagnes,

Et qui rampent en bas, et qui nagent sous l'eau,

Et qui volent en l'air, vivent par son flambeau.

C'est luy qui conduisant les couples atelees

De ses clievaux ardents (qui non jamais foulées ^

Tirent son char doré par le tortu * chemin)

Voit finir toute chose et jamais ne prend fin.

C'est luy qui maintenant nos manoirs ^ illumine,

Donnant couleur à tout de sa clarté divine,

Qui maintenant sous terre à l'autre monde luit :

Et chacun à son tour a le jour et la nuit.

C'est luy qui alongeant la nuit et la journée,

Départit aux humains les saisons de l'année.

Quand il tient enflamé de Phrixe le Mouton *, Et le Toreau de Crète '', et le signe Besson*, Lors sous les soliveaux l'aronde *, messagère Du printems gracieux, vient maçoner son ère *" ; Le chantre Rossignol d'un frais ombre '^ couvert Gringotte ^^ sa chanson dans le bocage vert.

Tout s'échauffe d'amour, et la terre amoureuse Pour plaire au beau Soleil prend sa robe odoureuse

en grec, italien et françois par plusieurs excellents poètes Je la France avec plusieurs odes, hymnies, cantiques, épitaphes sur le mesme sujet (1551).

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