‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 546 sur 725 · La mer et la terre estans si peu de chose · texte numérisé non relu

La mer et la terre estans si peu de chose

à comparaison du Ciel qui les enclost, apprennent à tcts

hommes à s'humilier '.

Humains, voyla le lieu

Pour qui vous mesprisez le sainct Palais de Dieu :

Voila de quels confins vostre plus grande gloire

Limite de ses faits la superbe mémoire.

Rois, qui (vassaux d'orgueil^) pour estendre vos bords

De la largeur d'un poil, couvrez les champs de morts ;

Magistrats corrompus, qui sur vos sainctes chaires^

Mettez sordidement la Jusiice aux enchères,

Qui trafiquant le droit profanez vos estais®

Pour laisser une blette " à vos enfans ingrats :

Vous qui faites produire usures aux usures :

Vous qui falsifiez les poids et les mesures,

Afin que deux cens bœufs à l'avenir pour vous

Le soc brise-gueret tirassent* de leurs couls':

Vous qui vendez vos murs'", et vous qui, pour acquerre'*

Dessus vostre voisin quelque pouce de terre,

D'une' main sacrilège, à l'emblee arrachez

Les confins moitoyens '- par vos ayeuls fichez ;

Helas I que gaigncz vous? quand par ruse ou par guerre

Un Prince auroit conquis tout le rond de la terre,

Une pointe d'aiguille, un atome, un festu,

Seroit tout le loyer de sa rare vertu.

{Le troisiesme jour de la Sepmaine. — Id., p. 127.)

1. L'encens. L'encens originaire de la Panchaïe, province de l'Aranie heureuse, était vantée chez les anciens. Araque Panchxos exhalât propter adores. (Lucrèce, II, 417-) Totaque thuriycris Pnnchnia pinguis arcnù. ( Virgile, Georn.Al, 139.) V b . J ,

Page 1