‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 547 sur 725 · La création de l'homme · texte numérisé non relu

La création de l'homme

Désireux de produire en lumière

Le terrestre Empereur', tu 2 pris de la poussière,

La collas, la pressas, l'embellis de ta main,

Et d'un informe corps formas le corps humain :

iXeconrbant toulesfois sa face vers le centre,

Comme à tant d'animaux, qui n'ont soin que du ventre

Mourans» d'ame et de corps : ains* relevant ses yeux

Vers les dorez tlambeaux qui brillent dans les cieux,

Afin qu'à tous moments sa plus divine essence »,

Par leurs nerfs* contemplast le lieu de sa naissance ^

Mais tu logeas encor l'Humain entendement

En l'estage plus haut de ce beau bastiment ;

Afin que, tout ainsi que d'une citadelle,

11 domptasl la fureur du corps qui se rebelle

Trop souvent contre luy, et que nostre raison

Tenant dans un tel fort jour et nuict garnison,

Foulast dessous ses pieds l'envie, la cholere

L'avarice, l'orgueil, et tout ce populaire

Qui veut, séditieux, tousjours donner la loy

A celuy qu'il te plut ^ leur ordonner » pour Hoy.

(Le sixiesjne jour de la Sepmaine. — Id., p. 278.]

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