La création de l'homme
Désireux de produire en lumière
Le terrestre Empereur', tu 2 pris de la poussière,
La collas, la pressas, l'embellis de ta main,
Et d'un informe corps formas le corps humain :
iXeconrbant toulesfois sa face vers le centre,
Comme à tant d'animaux, qui n'ont soin que du ventre
Mourans» d'ame et de corps : ains* relevant ses yeux
Vers les dorez tlambeaux qui brillent dans les cieux,
Afin qu'à tous moments sa plus divine essence »,
Par leurs nerfs* contemplast le lieu de sa naissance ^
Mais tu logeas encor l'Humain entendement
En l'estage plus haut de ce beau bastiment ;
Afin que, tout ainsi que d'une citadelle,
11 domptasl la fureur du corps qui se rebelle
Trop souvent contre luy, et que nostre raison
Tenant dans un tel fort jour et nuict garnison,
Foulast dessous ses pieds l'envie, la cholere
L'avarice, l'orgueil, et tout ce populaire
Qui veut, séditieux, tousjours donner la loy
A celuy qu'il te plut ^ leur ordonner » pour Hoy.
(Le sixiesjne jour de la Sepmaine. — Id., p. 278.]