‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 557 sur 725 · Droite · texte numérisé non relu

Droite

Edom, Moab, Agar, tremblent à la senestre* ;

Les tyrans abattus, pasles et criminels,

Changent leurs vains honneurs aux tourments éternels.

Ils n'ont plus dans le front la furieuse audace ;

Ils souffrent en tremblant l'impérieuse face^,

Face qu'ils ont frappée, et remarquent assez

Le chef, les membres saincts qu'ils avoienl transpercez.

Ils le virent lié ; le voicy les mains hautes.

Ces sévères sourcils viennent conter leurs fautes.

L'innocence a changé sa craincle en majestés,

Son roseau en acier trenchant des deux costés,

Sa croix au ^ tribunal de présence divine.

Le ciel l'a couronné, mais ce n'est plus d'espine :

Ores viennent trembler à cet acte dernier

Les condamneurs aux pieds du juste prisonnier.

Voicy le grand héraut d'une estrange nouvelle,

Le messager de mort, mais de mort éternelle.

Qui se cache ? Qui fuit devant les yeux de Dieu ?

Vous, Caïns fugitifs, ou trouverez-vous lieu * ?

Quand vous auriez les vents collez sous vos aisselles,

Ou quand l'aube du jour vous prestcroit ses aisles.

Les monts ^ vous ouvriroient le plus profond rocher,

Quant la nuict tascheroit en sa nuict vous cacher,

Vous enceindre la mer ^, vous enlever la nue,

Vous ne fuirez de Dieu ny le doigt ny la veue.

{Le Seigneur jilace les impies à sa gauche, les justes à sa droite

et s'adresse d'abord à ceux-ci ;) « Vous qui m'avez vestu au temps de la froidure, Vous qui avez pour moy soufi'ert peine et injure. Qui à ma sèche soif et à mon aspre faim Donnastes de bon cœur votre eau et votre pain ; \'enez, race du ciel, venez., eslcuz'^ du père ; Vos péchés sont esteints, le juge est votre frère. Venez donc, bien-heureux, triumplier pour jamais Au royaume éternel d'une éternelle paix. »

A ce mot tout se change en bcautez éternelles. Ce changement de tout est si doux aux fidelles !

Page 1