Droite
Edom, Moab, Agar, tremblent à la senestre* ;
Les tyrans abattus, pasles et criminels,
Changent leurs vains honneurs aux tourments éternels.
Ils n'ont plus dans le front la furieuse audace ;
Ils souffrent en tremblant l'impérieuse face^,
Face qu'ils ont frappée, et remarquent assez
Le chef, les membres saincts qu'ils avoienl transpercez.
Ils le virent lié ; le voicy les mains hautes.
Ces sévères sourcils viennent conter leurs fautes.
L'innocence a changé sa craincle en majestés,
Son roseau en acier trenchant des deux costés,
Sa croix au ^ tribunal de présence divine.
Le ciel l'a couronné, mais ce n'est plus d'espine :
Ores viennent trembler à cet acte dernier
Les condamneurs aux pieds du juste prisonnier.
Voicy le grand héraut d'une estrange nouvelle,
Le messager de mort, mais de mort éternelle.
Qui se cache ? Qui fuit devant les yeux de Dieu ?
Vous, Caïns fugitifs, ou trouverez-vous lieu * ?
Quand vous auriez les vents collez sous vos aisselles,
Ou quand l'aube du jour vous prestcroit ses aisles.
Les monts ^ vous ouvriroient le plus profond rocher,
Quant la nuict tascheroit en sa nuict vous cacher,
Vous enceindre la mer ^, vous enlever la nue,
Vous ne fuirez de Dieu ny le doigt ny la veue.
{Le Seigneur jilace les impies à sa gauche, les justes à sa droite
et s'adresse d'abord à ceux-ci ;) « Vous qui m'avez vestu au temps de la froidure, Vous qui avez pour moy soufi'ert peine et injure. Qui à ma sèche soif et à mon aspre faim Donnastes de bon cœur votre eau et votre pain ; \'enez, race du ciel, venez., eslcuz'^ du père ; Vos péchés sont esteints, le juge est votre frère. Venez donc, bien-heureux, triumplier pour jamais Au royaume éternel d'une éternelle paix. »
A ce mot tout se change en bcautez éternelles. Ce changement de tout est si doux aux fidelles !