Vers (carmina
Mon Passereau est mort, qui fut si bien appris : Hélas, c'est faict de luy, une Ciiate l'a pris. Je ne le verray plus en sautelant me suivre : Or*, le jour me desplaist; or, je suis las de vivre. Plus donc je ne l'orray chanter son pilleri-? Et n'ai-je pas raison d'en estre bien marri? Il estoit passé maistre à croquer une mousche : Il n'estoit point gourmand, cholere ny farouche, Si on ne l'attaquoit pour sa queue outrager : Lors il pinçoit les doigts, ardent à se vanger. Adonc vous l'eussiez veu crouller^ la rouge creste Attachée au sommet de sa petite teste, Tel que l'on veit Hector, mur* de ses citoyens, Dedans les Grecques naufs^ lancer les feux Troyens. Toutesfois une Chate, espiant ceste proye, D'un sault, à gueule bée^ engloutit notre joye. Le pauvret pour certain'' fut pris en trahison, Autrement de la Chate il eut eu sa raison ^ Le pasteur Phrygien^ ainsi vainquit Achille, Et le vain Genevois ^^ la vaillante Camille. Ainsi le grand cheval que Pallascharpenta" Contre le vieil Priam des soldats enfanta.
Toy*^ qui en as le cœur enflé de vaine gloire; Bien peu te durera l'honneur de ta victoire. Si quelque sentiment, reste après le trespas Aux espris des oiseaux qui trebuschent*^ là-bas, L'ame de mon mignon se sentira vengée Sur le sang ennemy de la Chate enragée. Je ne renconireray ny Chate ny Chaton Que je n'envoyé après miauler chez Pluton.
Vous qui volez par l'air entendant les nouvelles De ceste digne mort tournez icy vos relies;