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Le poète courtisan

Si vous voulez reprendre l'exercice

De faire en Cour aux grands Seigneurs service.

Il faut laisser vostre ame en la maison :

Estre debout en chacune saison,

Voire '^ emprunter de jambes un grand nombre;

De la vertu ne prenant rien que l'ombre.

Car voulant vivre en franche liberté,

Il faut choisir repos d'autre côté.

Dedans le Louvre en ces chambres dorées,

Les doctes Sœurs /brt peu sont honorées ;

Mais l'ignorance y trouve grand crédit :

L;\ seulement est un sçavoir maudit,

Qui cauteleux, de façon décevante,

Va d'un espoir la personne abusante

Là d'un ré ^ d'or chacun est enrété.

Heureux qui vit près des siens arrêté *",

Sans chercher là de nouvelles conquestcs !

A tout le moins qui n'y va qu'aux grands

Comme du feu, des Grands approcher faut M de trop près de peur d'un âpre chaut Ni de trop loin de peur de la froidure. La grand' faveur des grands tousjours ne dure. Il n'y a point de chemins tant glissans, Qu'est la faveur des Mignons courtisans. Tel aujourd'huy le plus aura de grâce ",

l.Par. I G. Cf. plus haut, p. £09.

2. Voir plus loin les fragmcnls du 7. Même. mystère d'Abi-aliuin, par Tli. de Béze. ! 8. Abusant.

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