‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 605 sur 725 · Cf. plus haut, p. 209, et 27!)-î^l · texte numérisé non relu

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Aprendre dans le monde, et lire dans la vie, D'autres secrets plus fins que^ de Philosophie; Et qu'avecq' la science il faut un bon esprit.

Or, entends à ce point ce qu'un Greq' en escrit ^ : Jadis un loup, dit-il, que la faim epoinçonne^, Sortant hors de son fort rencontre une lionne; Rugissante à l'abord*, et qui montroit aux dens L'insatiable fain qu'elle avoit au dedans. Furieuse elle aproche, et le loup qui l'avise. D'un langage flaleur luy parle et la courtise : Car ce fut de tout tans^ que, ployant sous l'effort, Le petit cède au grand, et le foible au plus fort.

Luy, di-je, qui craignoit que, faute d'autre proye. La besle l'attaquast, ses ruses il employé. Mais en fin le hazard si bien le secourut;, Qu'un mulet gros et gras à leurs yeux aparuf. lis cheminent dispos, croyant la table preste. Et s'aprochent tous deux assez près delà beste. Le loup qui lacongnoist, malin et deffiant, Luy regardant aux pieds, luy parloit en riant : D'où es-tu? Qui es-tu? Quelle est ta nouriture®? Ta race, ta maison, ton maistre, ta nature ? Le mulet estonné de ce nouveau discours, De peur ingénieux, aux ruses eut recours; Et comme les Normans, sans luy respondre, voire'' : Compère, ce dit-il, je n'ay point de mémoire, Et comme sans esprit ma grand mère me vit. Sans m'en dire autre chose au pied me l'escrivit.

Lors il levé la jambe au jaret ramassée; Et d'un œil innocent il couvroit sa pensée, Se tenant suspendu sur les pieds en avant. Le loup qui l'aperçoit se levé de devant *, S'excusant de ne lire, avecq' esteparolle' Que les loups de son tans'^ n'alloient point à l'ecolle. Quand la chaude lionne, à qui Fardante fain Alloit précipitant la rage et le dessein, S'aproche, plus sçavante, en volonté de lire.

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