‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 604 sur 725 · Kécompense · texte numérisé non relu

Kécompense

L'ÉCOLE DE UONS.VUl). — RÉGNIER. 287

Et pour un mcsmo fait, de rarsme iiilelligcnce ', L'un est jusIiciC", l'anlro aura recompcnce.

Car selon l'iulercsl, le crédit ou l'apuy, Le crime se coiidamiic cl s'absoul aujourd'hui. Je le dy sans confondre en ces aigres remarques La clémence du Uoy, le miroir des Monarques -, Qui plus grand * de verlu, de cœur et de renom, S'est acquis de Clément et la gloire et le nom.

Or, quant à ton conseil qu'à la cour je m'engage, Je n'en ay pas l'esprit, non plus que le courage. Il faut trop de sçavoir et de civilité, Et, si j'ose en parler, trop de subtilité. Ce n'est pas mou humeur; je suis mélancolique, Je ne suis point entrant *, ma façon est rustique ; Et le surnom de bon me va t on reprochant, Daulant que je n'ay pas l'esprit d'esire meschant.

Et puis, je ne îçaurois me forcer ny me faindrc ; Trop libre en volonté, je ne puis me contraindre; Je ne sçaurois Ilaler, et ne sç:iy point comment 11 faut se taire acorf*, ou parler faucement, Bcnir les favoris de geste et de parrolles, Parler de leurs ayeux au jour de Ccrizolles ', Des hauts faits de leur race, et comme ils ont acquis Ce titre avecq' honneur de Ducs et de Marquis.

Je n'ay point tant d'esprit'' pour tant de menterie ; Je ne puis m'adonner à la cageollorie ; Selon les accideus, les humeurs ou les jours, Changer comme d'habits tous les mois de discours. Suivant mon naturel, je hay tout artifice, Je ne puis déguiser la ^ertu uyle vice, Offrir tout de la bouche, et, d'un propos menteur. Dire : pardieu, Monsieur, je vous suis i^erviteur*.

(Sat. III, — p. 23 et suiv.)

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