‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 612 sur 725 · Les quatre âges de la vie · texte numérisé non relu

Les quatre âges de la vie

Chaque âge a ses f çons, e( change la Nature De sept ans en sept ans nostre température*. Selon que le Soleil se loge en ses maisons *, Se tournent noz humeurs ainsi que noz saisons. Toute chose en vivant avecq' l'âge s'allere. Le debauihé se rit des sermons de son père, Et dans vingt el cinq ans venant à se ch.inger, Retenu, vigilant, soigneux el mesnager, De ces mesmes discours ses fils il admoneste, Qui ne font que s'en rire et qu'en hocher la teste. Chaque âge a ses humeurs, son goust el ses plaisirs. Et comme noslre poil, blanchissent noz désirs s.

Nature ne peut pas 1 âge en l'âge confontJre^ : L'enfant qui sçait desja demander e; respondre. Qui marque asseuremenl '' la terre de ses pas, Avecque ses pareils se plaist en ses ébas: Il fuïl, il vient, il parle, il pleure, il saute d'aise; Sans raison, d'heure en heure, il s'émeut, et s'apaise.

1. Dès qu'il avait le dos tourné. j S. Ce développemont est emprunte à

2. Rehaussait à mus yeux. ] Horace Éjjitre aux Pison,'<, 156, et suiv.)

3. Notre lerupéramcnt — La septième ! qui l'a Imité d'Aristole (Uhêt'irique). année passait pour être une année clima- Boilcau l'a repris dans son Art poétiférique. | </.(?, UI.

4. Les signes du zodiaque où parait en- ' o. Confondre un âge avec un autre, trer le soleil. ! 7. D'un pied ferme.

Croissant l'âge en avant*, sans soing de gouverneur^, Relevé^, "courageux et cupirie d honneur, Il se plaist au chevaux, aux chiens, à la camprigne ; Facille au vice, il hait les vieux et les dedigiie * : Rude à qui le reprend, paresseux à^ son bien. Prodigue, depencier, il ne conserve rien; Hautain, audacieux; conseiller de soyniesme*, Et d'un cœur obstiné se heurte '' à ce qu'il aime.

L'âge au soing* se tournani, homme fail, il acquiert Des biens, et des amis si le tans le requiert ' ; Il masque ses discours, comme sur un théâtre; Subtil, ambilieux, l'honneur ^'^ il idolâtre: Son esprit avisé prévient le repentir".

Et se garde d'un lieu '- diflicille à sortir.

Maints fâcheux accidans surprennent sa viellesse : Soit qu'avecq du soucy*^ gagnant de la richesse, 11 s'en defTend l'usage, et craint de s'en servir, Que** tant plus il en a, moins s'en peut assouvir; Ou soit qu'avecq' froideur il fasse toute chose, Imbecille '', douteux*®, qui voudroitel qui n'ose, Dilayant", qui tousjours a l'œil sur l'avenir ; De léger** il n'espère, et croit au souvenir**: Il parle de son tans, difficille et severe ; Censurant la jeunesse, use des droits de père : Il corrige, il reprend, hargneux en ses façons, Et veut que tous ses mots soient autant de leçons.

(Sat. V, - p. 39.)

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