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Et ne croit qu'aux choses d'autrefois

20. Nicolas Rapin, voir plus haut, p. M. Dans cette satire, liéffuier prend la défense de l'écoli; de Ronsard contre Malherbe. Cf. notre T'iblaau de la littérature française au xyi' siècle (section!!, ch. u).

Et que d'un vers nombreux * non encore chanté ^,

Tu te fais un chemin à rimmorlnlité,

Moy, qui n'ay riy l'esprit, ny Ihalaiiie assez forte

Pour te suivre de prez et te servir d'escorte,

Je me contentpr;iy, sans me précipiter',

D'admirer ton labeur, ne pouvant l'imiter,

Et pour me satisfaire au désir qui me reste,

De rendre cest hommage à chacun manifeste.

Par ces vers j'en prens acte affln que l'avenir

De moy, par ta vertu, se puisse souvenir;

Et que ceste mémoire '* à. jamais s'enirelienne.

Que ma Muse imparfaite eut en honneur la tienne;

Et que si j'eus l'esprit d'ignorance abatu.

Je l'euz au moins si bon, que j'aymay ta vertu;

Contraire à ces resveurs, dont la Muse insolente,

Censurant les plus vieux, arrogamment se vante

De reformer les vers, non les tiens seulement,

Mais veulent déterrer les Grecs du monument ^,

Les Latins, les Hébreux, et toute l'Antiquaille ^,

Et leur dire en leur nez qu'ils n'ont rien fuit qui vaille.

Ronsard en son mestier n'esloit qu'un aprentif, Il avoit le cerveau fantastique et rétif. Desportes n'est pas nel, du Bellay trop facille; Belleau ne parle pas comme on parle à la ville. Il a des mois hargneux '', bouffis * et relevez, Qui du peuple nujourd'huy ne sont pas aprouvez.

Comment! il nous faut doncq',pour faire une œuvre grande, Qui delà calomnie et du tans se deffende. Qui trouve quelque place entre les bons autheurs. Parler comme à sainct Jean ® parlent les Crocheteurs.

Encore je le veux, pourveu qu'ils puissent faire, Que ce beau sçavoir entre en l'esprit du vulgaire : Et quand les crocheteurs seront Poètes fameux, Alors, sans me fâcher, je parleray comme eux.

Pensent-ils, des plus vieux offenceant la mémoire, Par le mespris d'autruy s'aquerir de la gloire;

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