‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 625 sur 725 · JEAN LE HOUX · texte numérisé non relu

JEAN LE HOUX

Jean le Houx, avocat de Vire, qui vivait, à la fin du xm» siècle, continua la tradition du foulon virois, Olivier Bassolin, en composant pour ses compagnons de table des chansons appelées, comme celles de son prédécesseur, C/iunsoris des Vaux (vallées) de Vire, et par abréviation Vuux de-Vire. Le nom et la chose ont donné plus tard naissance aux Vaudevilles .

Les Vaux de Vire de Le Houx ont tous pour objet l'éloge du vin. On ne peut s'empêcher d'admirer la verve et la variété de ton qu'a apportées l'auteur dans ce sujet assez monotone par lui-même.

Voir notre Tableau de la lilléruture au \\\.' siècle (section H, ch. ii).

Le nez du buveur.

Beau nez, dont les rubis ont cousié mainte pippe^

De vin blanc et clairet, Et duquel la couleur ricliement particippe

Du rouge et du violet ;

Gros nez, qui^ te regarde a travers un grand verre

Te juge encore plus beau.

Tu ne ressembles poinct au nez de quelque lierre^

Qui ne boit que de l'eau.

Un coq d'Inde sa gorge a loy semblable porte* :

Combien de ricbes gens N'ont pas si ricbe nez! Pour le peindre en la sorte

Il faut beaucoup de temps.

Le verre est le pinceau duquel on t'enlumine ;

Le vin est la couleur Dont on t'a peinct ainsi, plus rouge qu'une guigne

Etbeuvant du meilleur.

On dict qu'il^ nuist aux yeux. Mais seront-ils lesmaislres?

Le vin est garison De mes maux. J'ayme mieux perdre les deux fenestres Que toute la maison.

{Les Vaux de Vire de Jean le Houx, I, vi; — édit. A. Gasti^, Paris, l«6o;p.7.)

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