LA CHANSON
Le xvi^ siècle est riche en chansons de toute sorte: chansons d'amour, chansons bacliiques, cliansoiis politiques : la plupart sont anonymes, comme presque toutes les poésies populaires.
La pièce que nous citons est une chanson politique tirée du Recueil de chants historiques françnis de Le Roux de Lincy (Paris 1842, t. II, p. 491). L'éditeur l'a prise d'un ancien Recueil, de plusieurs belles chansons nouvelles et modernes (Lyon, 1593, in-32).
Chanson nouvelle de la Ligue
Fy de la Ligue et de son nom !
Fy de la Lorraine estrangere* !
Vive le Roi^! vive Bourbon!
Vive la France nosire mère !
La Ligue n'est que trahison ;
Fy de la Ligue et de son nora !
La Ligue est un monstre odieux
Remply de rage et perfidie,
A Dieu et aux hommes hayneux*
Et plein de fureur estourdie ;
La Ligue est yssue d'enfer,
Fille aisnée de Lucifer.
Car ce monstre n'est que poison
Duquel l'Espaignolle semence
ïasche par mortelle achoison*
D'ensorceller toute la France.
Mais tous François de cœur bénin
Résisteront à ce venin.
Il y a cent mille François
Qui ont l'ame si généreuse,
Qu'ils mesprisent tous les abbois
De ceste Ligue furieuse ;
Et qui mourront plus tostcent fois
Que de fleschir dessous ses lois.