‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 670 sur 725 · Penses -tu · texte numérisé non relu

Penses -tu

Ha Dieu m'accable, ains * qu'une telle envie J'aye de vivre.

REZEFE.

Helas ! qu'avez-vous dit?

MIFIBOZET.

C'est, c'est saui., qui nos cueurs enhardit,

Saûl, duquel nous n'avons esté nez

Pour la mort craindre, à la mort condannez....

ARMON.

Par quoi ' David fait bien de nous esleindre, A celle fin qu'il n'aye plus à craindre : Carilsçait bien qu'en vivant davantage, Nous r'eussioris ^ eu nostre droit héritage : Et que le règne * envahy par le traître, Fut revenu dessus * son juste maislre....

BEZEFE.

Et quoy, mes fils, me voulez vous laisser! Et voslre dam ® vousmesmes pourchasser '? Où courez vous ?

MIFIBOZET.

Puisque la vie humaine, De tant de maux et de labeurs est pleine, Et que celuy, ses malheurs plutosl fine *, Lequel plustostde sa mort s'avoisine ®.

Quel fol désir et malheureuse envie, De vivre tant au monde nous convie?

Vaut il pas mieux, puis qu'il convient mourir, Quitter bien tost ceste vie^ et l'offrir A son pais pour en faire une échange i°, Au bruit tant doux d'une vive louange ?

REZEFE.

Mais les defuncts ce bruit ne sentent pas.

ARMON.

Si font, ô mère, ils le sentent la bas. Car sans 1 espoir de ce dernier salaire, Rien ne pourroit aux vertus vous altraire '*.

otc

Page 1