THÉSÉE, PHEDRE
PHEDRE
Magnanime Thesé, je vous prie à mains jointes Par cet acier luisant pitoyable à mes plaintes, Parle sceptre Royal devostre empire craint, Par vos en fans aimez, le doiixsoing qui m'eslraint^. Par vostre heureux retour de la pulle demeure, Et par ma cendre aussi, permettez que je meure.
THKSEE.
Quelle cause vous meut de désirer la mort?
PHEDRE
Si je vous la disois, je perirois à tort ^,
Et le fruict periroit que de la mort j'espère.
THESEE.
Ne le dites qu'à moy, je le sçauray bien taire.
PHEDRE
Ce qu'on veut que quelcun taise fidellement, Le faut soy mesme taire ; il est sceu autrement.
THESEE.
Mais un loyal mary vers sa femme qu'il aime N'est pas un estranger, c'est un autre elle mesme.
PHliDRE.
Une femme ne doit conter à son mary
Chose dont il puisse estre, en le sçachantmarry.
THESEE.
Que me peut-on conter, qui plus de dueil me cause Que de vous voir mourir sans en sçavoir la cause* ?
Ses os tressailliront sous la tombe poudreuse. Possedans le Kemoii (gcnic) de sa forte valeur Ne sojés comme lui possèdes du mal-heur, Et que ïoslre vertu soit semblable on lonle une, Mais ayés seulement di«senib able furlune.
{Les Laccnes, acte IV.)
Comparez également les touchantes paroles d'Andromaque au début du quatrième acte de la tragédie de Racine.
Qu'il ait de ses ayeui un souvenir modeste ; Il est du sang d'Hector, mais il en est le res- [le, etc.
1. Toute cette scène est imitée de Séné que (Hippolyte, acte III) que l'auteur suit pas à pas.
Eheii, per tui sceplrum iniperii, Mignanime The^eu, perqiie natorum indolent Tuosqiie reditus, peniue jam cineres meos Permille morleui, clc.